Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 10:44

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Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 10:56

Ceci est une longue histoire qui, d'ailleurs, ne finira qu'avec moi.
C'est l'histoire d'un petit garçon des années 50 de l'autre siècle, qui dès sa naissance a été abandonné, par son père volontairement, par sa mère, la chère femme, par nécessité.
Des pensions, j'en ai connues, dans cette partie de l'ancienne Seine-et-Oise que l'on affuble maintenant de l'horrible sobriquet de banlieue.
Montgeron, Brunoy, Draveil, Villeneuve-Saint-Georges, Vigneux, j'en oublie certainement, par défaillance de mémoire ou pour les effacer définitivement.
Depuis le temps que mes amis me demandent de leur expliquer tout cela.
J'ai toujours trouvé impudique le récit de sa vie, et il y a un seul Chateaubriand.
Cela prendra du temps pour tout raconter et il ne faudra blesser personne, même par allusion, c'est un genre délicat les souvenirs, il ne faut pas embellir inutilement ni noicir à dessein.
Je prendrais mon temps, tout mon temps.
Cela fera peut-être 300 pages de bel et bon papier d'antan, qu'importe, puisque cela ne concerne que moi et certainement quelques petits garçons des années 50.
De plus, il n'y a pas de typo ni de correcteur, il faut être exigeant et soigneux quand on travaille; pour soi d'abord, la belle ouvrage; pour autrui ensuite, si un oeil un peu moins fatigué que celui de nos contemporains venait à se poser dessus.
Il y faudra de la délicatesse, des petits pas prudents mais décidés, comme mon petit seigneur du jardin, le camarade rouge-gorge qui vient finir la tambouille de mon chien sur la terrasse, sous l'oeil bonasse et indulgent d'iceluy.
Je (le JE- est haïssable) mais comment faire autrement, JE, donc, vous dirais la suite dans un peu de temps.

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 14:33

Je vous reprends!
J'espérais passer la tondeuse, mais il pleut; c'est l'orage! Pour l'instant, pas vindicatif, celui-là.
Il se promène, il ne fait pas l'important.
Mais il me contraint à vous entretenir!
À Paris, cette époque là, 1964 à peu près, pour un gosse, le magique, c'est les odeurs!
Vous ne saurez pas la rue Monge avec son torréfacteur; des effluves de café, mais alors! Ambrées, cuivrées, très prenantes et sécurisantes; ensuite, la boulangerie-pâtisserie; la vraie, l'odorante! Pas le terminal de cuisson actuel; des senteurs de croissants à toute heure, gratuites! On déguste en plein air, on prend son temps, c'est gratuit, on hume; Paris, le matin! 
Et, le vice suprême! La station (terme monastique) devant la bouche du métro ou alors, pour ne pas gêner le passage, à la verticale, sur la grille métallique; l'odeur du métro! Ma mère me disait de ne pas rester, "Ce n'est pas sain", mais je ne pouvais décoller; c'était un fumet tiède et capiteux, rassurant! Avec les rames ferraillantes vertes et rouges au-dessous.
Je ne descendais qu'après avoir rempli mes alvéoles de cette chimie fragrante et encore, doucement!
J'admirais les globes lumineux au-dessus de l'entrée, en bas des escaliers, (dangereux! Avec leurs petites barres métalliques mouillées, cinq ou six), des seins! Bien dans leur peau; ensuite, je poussais  la porte à deux battants, qui résistait faute au courant d'air intérieur, une vraie trombe qui décoiffait les permanentes les plus solides, et ça y était! On était dans le métro, et toujours, cette odeur tiède et consolante qui disait qu'il y avait de la vie.

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 15:06

L'orage ne cesse.
Alors, je continue.
Pour moi, pour les vivants, les morts; les morts-vivants aussi, à tout hasard!
En voilà une injure, que j'ai entendue, en culottes courtes! Je ne savais pas ce que cela voulait dire, "l'aristocrate"; mais, les bouches déformées de mes camarades et la méchanceté sur leurs fronts, me renseignaient sur leur réprobation et leur dégoût.
L'aristocrate!
Leurs parents aussi, quand ils étaient en colère contre moi, parce que je rendais service, à l' opposé de leur descendance, m'appelaient ainsi.
Moi, qui aimais beaucoup les dictionnaires, à cause des gravures, des drapeaux en couleur de pays inconnus, les pages roses latines que j'apprenais par coeur (car cela relevait du mystère), je n'ai jamais songé à rechercher dedans, le mot honni d'aristocrate!  
J'ai bien fait, sans doute; j'ai évité les lanternes, les guillottines, les piques!
Cela m'aurait fait peur à mon âge.
Non. Ils m'appelaient "aristocrate"; leurs maîtres avaient dû leur dépeindre des monstres à haïr, et,forcément, j'en étais un! Car, j'étais gentil, je rendais toujours service; certes, j'étais mauvais élève, mais c'était plutôt une circonstance aggravante pour ces cancres; je faisais de l'ombre, j'étais dans la concurrence déloyale, mais bien involontaire.
J'étais cent fois plus pauvre qu'eux, qui l'étaient déjà pas mal depuis des générations; mais j'étais l'aristocrate, une réputation qui colle, et dont je ne cherchais pas à me défaire; j'ai toujours pensé que les injures cachaient un hommage et une vérité.
Ce n'est que quarante ans après que j'ai appris tout à fait par hasard, que j'étais un authentique aristocrate.
J'offre cette page in memoriam à ces joyeux saligauds qui ont entamé les premiers ma naïveté et ma sincérité, mais qui avaient vu juste.
Comme quoi, on peut être bête, mais perspicace!
 

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 15:06

Je sens que je vous passionne! Alors, je continue.
De plus,  je ne travaille pas aujourd'hui! Je suis médecin; j'ai laissé la misère des corps et des âmes, je vous narre la mienne, si  cela vous dit, bien sûr.
Je ne force personne, je suis très respectueux des goûts d'autrui! Particulièrement, quand  je les réprouve.
Il y a tellement de choses à dire, et à ne pas dire! À cause de la famille, des lois, des convenances, de Dieu, de la honte, de la peur aussi.
À notre époque, on ne peut que tourner autour du pot, et encore! D'assez loin.
Je bloque vraiment, je ne sais de quoi vous entretenir, de peur de vous ennuyer.
Le lecteur n'est jamais très patient, il lui faut des nourritures solides.
Je reparlerai de médecine plus tard; on a le temps après tout! Sans doute.
À Brunoy, j'étais dans une famille d'accueil, si on peut dire! Où la terreur régnait au quotidien.
Lui, était quincailler; elle, comme on dit, s'occupait de son ménage.
Il était quincailler la semaine et bedeau le dimanche.
Mais bourré! Y compris les bissextiles, de Matines à Complies.
La femme! Effacée, maigre, diaphane, vieille à quarante ans, bonne, pieuse et toujours alitée.
Un fils aîné (de deux ans mon aîné), qui m'avait pris en sympathie! Très viril, tennis et gentil.
Le cadet, la peste! Dénonciateur, calomniateur, vieille fille à douze ans, limite psychopathe, qui faisait la balancette avant de s'endormir; il roulait d'un bord du lit à l'autre, en poussant des gémissements de chauve-souris, en attendant le sommeil qui le fuyait.
Toutes ses vilenies étaient mises sur mon compte, ce qui m'a valu d'user contre mon gré, croyez-moi, de nombreux martinets!
Tous les soirs, en attendant le retour du maître de maison, autour de la table familiale, nous patientions dans l'angoisse!
Dès que la clé se faisait entendre dans la porte, nous entonnions à tue-tête un refrain de leur composition, qui disait : "Bonsoir, mon p'tit poisson, bonsoir, mon p'tit poisson" sur l'air d'une contine.
Cela ne nous épargnait pas le martinet, les baffes et le reste, sauf la fouine! Qui avait droit à tous les égards.
Un jour, je me suis vengé! Ce n'est pas bien.
Dans le sous-sol, le bedeau gardait dans un coffre, le produit des quêtes dominicales; j'avais repéré la clé; et, nuitamment, j'ai tout soulevé!

Le lendemain, j'avais plein de camions Dinky Toys, des voitures de pompier, une benne Marrel et même un rouleau compresseur que j'aimais beaucoup, allez savoir pourquoi!
Et je ne parle pas des Carambars.
Ce n'était pas bien, je l'avoue!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Samedi 5 juillet 2008 6 05 /07 /Juil /2008 14:03

Ce qui reste dans la confiture mémorielle d'avant, ce sont les pavillons en pierre de meulière.
Années 1930.
À les regarder déjà, du trottoir, c'est l'ennui à l'intérieur, la tristesse crasse à l'extérieur.
Quand vous montez les quatre ou cinq marches en ciment qui mènent au perron, couvert d'un auvent en verrière sale et moussue, vous êtes devant une porte en bois avec un peu de verre cathédrale et de faux fer forgé.
Sans être prophète, vous savez que derrière, il y a un couloir carrelé d'hôpital étroit sur lequel se distribuent à gauche, le petit salon qui communiquera avec le grand, et, en retraversant le couloir, en face, vous aurez la cuisine, les commodités, comme on disait, et une vague salle d'eau.
Elles sont toutes semblables, je les connais par coeur.
Braves gens paisibles, escalier béton, couloir, silence et encaustique!
C'était comme ça chez les Foineau (Franconville); j'avais deux ans, je m'en souviens très bien, y a des témoin, y avait plutôt...
J'ai nommé les propriétaires car ils étaient gentils.
Je ne nommerai que rarement d'autres!
Je marchais à deux ans, c'est normal; surtout le matin, quand le facteur glissait le courrier sous la porte.
Je voulais être le premier à apporter les plis aux vieux, et j'espérais pour eux que ce seraient de bonnes nouvelles.
Leurs visages me renseignaient. Deux ans! Je comprenais les gens sérieux, les adultes.
Le reste du temps, je jouais avec des petits flacons de pharmacie, surtout les capuchons en caoutchouc rose que j'aimais bien placer, enlever, replacer, etc...
Il y avait un vieux phonographe avec énorme pavillon doré, c'était seulement le dimanche!
Le vieux, peut-être 40 ans, mettait des disques 78 tours très lourds et très cassants, sortis d'une pochette en papier kraft, avec un gros trou au milieu pour voir l'étiquette (j'étais fasciné par le chien face au phonographe; bien sûr! C'était "La voix de son Maître"), et j'écoutais, assis sur le parquet, des beuglantes des deux sexes avec bruits de steaks grésillants, à cause de l'usure et de la poussière.
Après, je ne sais plus!
Si. Il y avait les patins; il fallait marcher sur des patins de feutre bordés de rouge ou de vert.
Il ne fallait pas salir.
Plus tard, ils ont inventé le parquet vitrifié, et ils gardaient les patins! Cette fois, pour ne pas rayer.
Holidays on parquet. Le Ballet!
Combien d'accidents ont-ils eu lieu avec ces patins, dans des milliers de meulières, on ne le saura jamais.
Pour aller à Franconville, de Paris, l'expédition! En bus Berliet, très long, immense capot que, de temps en temps, le chauffeur allait fourrailler après avoir plié en accordéon les deux parties latérales; ça chauffait vite, les moteurs, en ce temps!
Du bas aux vitres, marron foncé; des vitres au toit, beige.
Je les aimais bien, ces autobus.
Ils prenaient leur temps, on savait qu'on allait arriver; mais quand?
Et puis, le temps, chez les enfants, c'est toujours trop long ou trop court!
Les bagages, sur la galerie du toit, valises en carton bouilli.
Le chauffeur montait sur le toit et descendait les bagages un à un; aujourd'hui, il balancerait tout par dessus bord et salut!
Mais non, il y avait encore le respect des pauvres hardes des pauvres gens .
Vieilles tristes meulières, vaillants autobus, braves Foineau !

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Samedi 5 juillet 2008 6 05 /07 /Juil /2008 15:08

Combien de fois, je leur ai dit, à mes camarades de la Communale, que j'avais voyagé en paquebot!
Un vrai, un long, un transatlantique!
Je me souviens bien, moi; j'avais beau avoir quatre ans, je m'en rappelle, je n'ai pas inventé tout de même!
J'étais sur l'avant du navire, sur le pont en teck très blanc, très glissant; il faisait chaud, ça devait être l'été.
En réalité, c'était l'Afrique Équatoriale ou Occidentale française.
Le Cameroun.
Dans une exploitation forestière!
Avec ma mère, je parlais peu.
Mes camarades se moquaient de moi (Parisien, tête de chien, Parigot, tête de veau), donc, le grand bateau, à la longue, j'ai douté!
Et puis, quand j'ai récupéré les papiers de ma mère après sa mort, (j'avais plus de cinquante ans), le bateau est réapparu!  
Pas fantôme du tout, long et blanc, un vrai transatlantique sur les photos noir et blanc, avec les bords de la photo en dentelle pour faire plus joli.
Et une lettre de sa meilleure amie, disant qu'on était très bien au Cameroun, qu'elle vienne avec nous refaire sa vie là-bas!
Elle n'est jamais venue.
Le voyage de retour, je ne m'en souviens plus; mais l'aller, oui!
Alors c'est qui qu'avait raison, hein? Petits copains de la Communale!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Dimanche 6 juillet 2008 7 06 /07 /Juil /2008 08:45

Non, pas d'ornithologie aujourd'hui!
Quoique! Je pourrais en dire, si je voulais, sur les oiseaux; je les observe continuellement de mes fenêtres! Je pourrais en révéler, de certains de leurs petits secrets, glorieux ou déplaisants!
Je n'en ferai rien, il leur manque encore beaucoup de dégueulasserie, ils ne l'auront heureusement jamais, pour être des adultes de notre lignage!
Je les laisse en paix; ils sont beaux et gentils, et moi aussi!
On s'entend bien.
Le martinet dont je veux vous entretenir est le maigre descendant de cet outil dont on se servait sur les bâteaux à voiles  des 17 et 18 ème, pour ramener les matelots, crevant de faim, de soif, de scorbut et de fatigue à la raison!
C'est quand même moins grave que de nager avec les requins!
Ils me font rire, les crétins thyroïdiens de ce monde dont je ne fais plus partie depuis longtemps!
Il y a une "polémique"  dans le poste, en ce moment.
À ce sujet: les châtiments corporels, la fessée et j'en passe!
Nelson et Duguay-Trouin, y z' auraient pas de monuments, ni de places, ce jour! Gagné aucune bataille, coulés en un quart d'heure, sans le martinet!
Faut savoir ce qu'on veut, grandes âmes ennuyeuses!
Donc, le martinet.
Trente centimètres de bois avec, accrochés, pendouillant hors service, des lanières, trente ou cinquante peut-être! De cuir, je pense.
Le brandir est déjà dissuasif et, pour certains, c'est suffisant!
Pas besoin de cellule psychologique, hein? Les cons châtrés!
Dans l'usage, c'est culotte baissée ou froc aux oreilles, au choix! Question de temps.
La séance est courte car le bras fatigue vite, passé un âge.
C'est sûr! Ca ne vaut pas un bisou, mais denrée rare. On décède rarement, de toute façon; je n'ai pas vu les statistiques.
Ça fait un répit de quelques heures ou jours, et alors là! On est vraiment réintégré; le soulagement, la liberté!
Ben oui! c'est comme après le bac, on est bien et ....fier!
Certes, il y a des vicieux, sûrement des malheureux, qui préfèrent avec le manche!
C'est un peu rustique et malhabile, il y a le balai pour ça; mais avec un peu de chance, il peut se prendre lui-même les lanières sur les bras ou encore sur le nez; mais la victoire est incertaine, car alors la punition peut devenir vraie correction boxeuse!
Ah! Ce cher martinet, pendu au-dessus du réfrigérateur américain; on le surveillait, voir s'il était toujours à sa place, qu'il ne méditait pas une petite escapade fessière!
Bien que médecin, je n'ai pas trouvé de connexion dendritique entre les fesses et la région hypothalamique de l'obéissance et du respect!
Ca ne fait rien! Quelqu'un qui n'a pas connu le martinet, n'est pas digne de vivre.
J'ai dit, et voilà tout!
Ah oui! J'oubliais! Pour tous les abrutis dégénérés du poste et des merdia, "polémique", c'est un bâteau grec de combat.
Alors, les chéris! Vous lancez des navires belliqueux? Mamours pacifistes!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Mercredi 9 juillet 2008 3 09 /07 /Juil /2008 13:08

Jean  Mineur, publicité.
La mise en bouche des gamins de l'époque avant "Le" film!
Le mineur, justement! L'ouvrier des mines, avec son casque et son piolet.
Au centre, une cible de couleur.
Il balance son outil, on entend "ppffffiiii, ppffiiii", et le piolet atteint sa cible ou la loupe, au choix! Et une vache sort de derrière la cible, avec un air un peu taurin.
Il y avait deux trois variantes, mais j'ai oublié!
Toujours est-il que ce Jean Mineur est un des bienfaiteurs de notre enfance; nous ne l'aurions vu, c'est sûr! Pas de film.
Et puis, le dessin bon enfant, la "ligne claire", pas du tout manga agressif, avec faux japs à visage caucasien!
Qu'est-il  devenu ce Jean Mineur? Ce pseudo peut-être!
Enfin! Le film.
Non! D'abord, l'ouvreuse pour vérifier le ticket.
Elle nous installe; mais pas d'autor, non! Notre avis sur la place!
On prend celle qu'on croit la mieux située, selon la déclivité de la salle.
En ce temps, les salles étaient en pente, il fallait contracter les quadriceps dans l'allée!
Le rideau rouge, "Comédie Française", coulisse sans bruit; des fois, il coince à mi-parcours! On rigole, mais on s'inquiète quand même, on ne sait jamais, le film!
L'ouvreuse revient, mais cette fois, elle a autour du cou une ceinture de cuir qui suspend un panier en osier plein de glaces, roudoudous et autres...
Le panier tire sur la lanière et émet un bruit de sommier amorti.
On achète ou pas, selon les moyens!
Actualités joyeuses, inaugurations, salons de ceci ou cela, noir et blanc, on patiente!Rarement des choses sombres! Si, une fois, le barrage de Fréjus, des morts!
Ca y est, c'est parti!
Générique.
Le dernier papier de bonbon se tait et, on y va! On se cale, douillet, frémissant!
Cow-boys, Indiens, "Tuniques bleues", grises; flèches, charriots, jeunes veuves radieuses, clairons, poussière et ambiance.
Héros, bien sûr!
De ce jour, j'ai compris que je n'étais pas et ne serais jamais dans la note!
J'ai toujours trouvé les Indiens sympathiques, malgré les sales gueules qu'on leur faisait!
D'abord, ils étaient chez eux, quand même!
Ensuite, ils avaient des chevaux; c'est beau! Les chevaux.
Les autres aussi; mais, des chevaux avec selles, bien peignés, un peu militaires, sans le savoir.
Donc, les Indiens!
Une flèche contre une Remington, tu parles de combat loyal!
Autant dire Duguesclin contre un AMX 30!
Ca me dégoûtait!
Je préfère les vaincus, c'est comme ça! Et aussi, les "Tuniques bleues" bien nourries, à mon avis, ne valent pas les "Tuniques grises" à col jaune; des fois, un peu débraillées, c'est vrai!
Mais, c'est un autre film!
Louis seizième avait répréhendé un ingénieur de son armée, qui venait tout fiérot, lui présenter sa dernière invention, un fusil avec une rampe horizontale qui permettait d'envoyer une dizaine de balles à la suite; il n'a pas trouvé naturel, il avait raison!
Certes, il n'était que Roi de France, et pour Lui, "un homme, une balle", c'était déjà suffisant!
Plus tard, à l'époque "d'un homme, une voix", on ne se gênerait pas pour qu'un seul en estourbisse mille ou un million, peu importe!
Oui! J'aimais bien les Indiens; ils n'avaient pas la vie facile, et ils défendaient leurs femmes et leurs enfants, en abreuvant leurs sillons d'un sang impur. Normal, non?
Par la suite, on m'a prié, rédactions et dissertations notées! Pour mon avenir, on m'a prié, que dis-je? Intimé! De prendre en grippe, les méchants désignés par nos maîtres! De tous les siècles avant et après.
Franchement, cela ne m'a pas plu! Et, en voyant la gueule des moralistes, par la suite, j'ai pris nettement le parti du camp adverse.
Je vous entends déjà crier à l'esprit de contradiction!
Non! Pas du tout! Je n'aime pas m'opposer; mais le ton et la hure de ces profs et autres politiques, journalistes, me donnaient à penser que je serais en meilleure compagnie pour l'éternité avec ceux qu'ils haïssaient tant, je ne sais pourquoi!
Ou plutôt, si!



Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Mercredi 9 juillet 2008 3 09 /07 /Juil /2008 14:43

Voilà! Je reviens, je suis en forme.
Parlons de sujets neutres qui n'amènent ni injures, ni procès!
Vous êtes prêts? Bon, une seconde! Pas moi! Je dégouline, je viens de passer la tondeuse, faut que je m'essuie.
Allez, ça y est!
Un sujet qui ne peut pas énerver, c'est la politique, c'est sûr!
Oui! Je laisse "l'Enfant" se reposer, faire la sieste, il a le droit!
Quand je dis "politique", c'est pas vraiment politique, mais, ces jours bénis, dès que vous vous frottez les dents, c'est, c'est? Politique!

Au cabinet, (au singulier), médical donc! Je ne compte plus les personnes qui m'ont dit: "je n'suis pas docteur, mais..." et, alors là, sous-entendus!
Variantes, "je n'suis pas raciste, mais", "je n'suis pas au gouvernement, dans l' secret des dieux, etc, mais..."!
Comme je n'ai oncques ouï, "je ne suis pas con, mais"; "je ne suis pas cocu, mais"; "je ne suis pas pauvre, mais"; vous compléterez à l'envi!
J'en conclus, hic et nunc, qu'ils sont docteurs, racistes, mais pas cons cocus ministres, on peut jouer groupé!
Mais, je m'en moque moi de tout ça! Simplement, dites les choses clairement, vous y gagnerez!
Vous êtes racistes? Moi aussi!
Vous êtes antiracistes? Moi aussi!
Vous êtes de droite, courbe, extrême, hyperbolique et para? Moi aussi!
Vous êtes de gauche? (recopiez ci-dessus!) Moi aussi!
Alors! Où qu'il est, le problème? Hein! Timorés peureux de votre ombre.
Faites comme moi! Dites! Vous y gagnerez en liberté, en dignité; de toute façon, ça n'intéresse personne!
Maintenant, attention quand même! On ne connait pas les destins, les corbeaux à droite ou à gauche, les entrailles et les cendres.
Si j'étais au manche, c'est pas exclu que je boërise, que j' estrapade, révolutionne, goula o gangstérise.

On ne sait jamais, on change!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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