En cette saison, nous avons toujours des visites.
Mon camarade ouvrier de chez Peugeot s'invite à la tombée de la nuit pour qu'on descende un Bordeaux blanc que j'agrémente de saucissons.
Peu importe l'heure!
Dans nos campagnes, on débouche les flacons au hasard des engourdissements et des ennuis.
Il se fait précéder d'une cargaison de cèpes, de bolets et de girolles qu'il a débusqué dans des endroits secrets.
Ma femme les fait revenir doucement, sans assaisonnement, et tu sens un effluve de sous-bois fondant en bouche.
Certains jours, après avoir estropié un sanglier, il apporte du pâté confectionné par sa femme.
Aucun traiteur ne sait faire l'équivalent, à ma connaissance.
En retour, je le fournis en antalgiques pour son dos car il a un métier pénible, et, qu'en repos, il fait le bûcheron. En fait, sa vraie passion! Les arbres.
Côté maçonnerie, c'est plutôt élémentaire, ses prestations.
J'ai un autre camarade qui est carriste et qui vient d'être licencié es usines en déroute, et qui lui, travaille en artiste.
Il vient de me refaire la porte du garage, avec couverture intérieure, que le sous-sol fasse pas moins dix Celsius, comme l'année dernière, avec les
canalisations gelées.
Cet après-midi, on va s'atteler à restaurer dix mètres de clôture qu'un pochetron du coin m'a vandalisé en voiture.
Les Assurances, comme de bien entendu, n'"assurent" rien du tout.
Mais ça, tu le découvres quand le pépin surgit.
J'en ai profité pour faire une recension ménagère de mes contrats et résilié la moitié.
Ici, c'est la solidarité des campagnes.
Il faut savoir s'intégrer. Pas la ramener à tout propos! Faire le discret, le réservé.
C'est pas comme les peuplades tropicoïdes qui déboulent sans être invités, réclament leurs "droits" et commencent la colonisation bédouine ou ouolof avec la ferme intention, à la longue, de
t'expatrier.
Cela n'a pas été facile pour nous de nous faire accepter du voisinage.
Une femme vietnamienne, cinq enfants, le taulier médecin! IIs étaient un peu perdus.
Méfiants!
Faut les comprendre.
La première année, les gamins balançaient des glaviots sur nos voitures et tu retrouvais des "sales chintoks" graffités au portail.
J'ai pas saisi les Instances, tu penses!
J'ai discuté avec l'engeance, entre douceur et représailles possibles.
Avec les parents, aussi!
Maintenant, je dois refuser les avances qu'on me fait pour les Municipales.
Certains me verraient bien en Monsieur le Maire.
Je leur dis pas qu'il m'est impossible, sous peine de schizophrénie, de ceindre l'écharpe tricolore, au risque de pisser sur les tombes ancestrales.
Non plus, d'assister aux pantomimes sanglantes du 14 Juillet et du 8 Mai.
Je prétexte un emploi du temps bien serré, et que, d'autre part, je ferais pas un bon édile.
Je rétablirais la dictature dans le canton et finirais comme mes pères.
Non, merci!
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander