Souvenirs

Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /2008 12:54

Et bien, voilà, me revoilà!
Je fais exprès pour les Jean d'O., les Rieu du stylo, les prébendiers contrebandiers, j'assume!
J'ai eu des reproches.
Si, si!
On a osé!
Je suis dur à suivre, ça se bouscule, c'est macédoineux.
Je commence par le toit, enfin, quelques tuiles, et je me précipite aux fondations; j'installe un robinet sans savoir si y a de l'eau et je fonce au séjour épingler une gravure alors que le mur n'y est.
Évidemment, faut pas prendre une loupe pour regarder un impressionniste! T'y vois que du caca d'oie barbouilleux.
Faut du recul, les perspectives, mais n'êtes capables pour la plupart!
La solitude de l'artisan, vous connaissez pas?
Il ne rend de comptes qu'à lui-même et,  croyez-moi, il est plus nérophile que vos zigues!
Donc, j'explique! Ce sera la dernière!
Avant l'inénarrable invention des essaimesses, mes enfants savaient lire et écrire.
Oh! J'ai pas attendu que les pitres éductifs s'en mêlent, je me suis méfié, je l'ai fait moi-même, l'école.
En arrivant chez les professionnels, ils savaient tout ça très bien.
Pas sans douleur! Pour moi, pour eux, pour nous.
Et alors là, vingt ans après, j'ai encore l'air d'un mousquetaire!
Ils n'entravent rien de rien à ce que je dis; si! Trois mots ci là, et puis c'est tout.
Si je dis point barre, ils vont suivre.
Or donc, nous voici frais, marquises, vous écrivez pour la postérité des asticots et personne suit.
Cinquante et cent ans derrière, c'était déjà pas facile, ils préféraient Offenbach à Wagner et Berger la groupie à Liszt!
Ca s'est pas arrangé depuis, m'en croyez!
Que faire, donc? Se taire? Ne puis! Râler? Inutile!
Alors quoi?
Attendre les archéologues et leurs pinceaux!


Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /2008 13:54

Je comptais faire un somme, je suis en vacances; Et ben! Pas moyen.
Pourtant, quand je travaille, n'importe où je m'assoie, paf! Dodo.
C'est assommant!
Pourtant, c'était bien parti; je m'étais assis jambes longues croisées sur mon fauteuil, et, impossible!
Le chien, qu'était vautré sous la table et qu'est expert en sieste, de jour et nuit, m'avait aidé en faisant semblant; il levait une paupière, la rabaissait, et ainsi de suite jusqu'à ce que je plonge; c'est un hypnotiseur, mon chien!
Mais non, peau d'zébi, comme disait mon délicat père.
Du coup, captation d'attention, je suis toujours aux aguêts de l'émotif, je le mets en scène!
Tous les matins, vers sept heures, je le promène.
Il a pourtant deux mille mètres à lui tout seul chez nous, mais non, il n'aime que la promenade.
Si je suis trop fatigué ou qu'il fait un temps atroce, (pas de chien, donc, le temps!), il boude quinze jours et se venge en creusant des piscines dans mes rosiers.
En le promenant, je fais coup double, car je dis mes prières en marchant, comme on m'a appris depuis petit (à prier, pas à prier en flânant!).
Avant, c'était à genoux; mais çui jour, me concentre mieux en déambulant.
En gros, faut compter treize quatorze minutes!
Je ne sais pourquoi, chaque fois que j'arrive au Credo, le Grand, il ralentit, se ramasse et quand j'énonce "et le Verbe s'est fait chair", il me lâche un étron ou une flaque, selon le menu de la veille.
Évidemment, j'ai changé l'ordre des oraisons, rien à faire! En premier, au milieu ou à la fin à voix basse, il y va de sa lessive.
J'avoue que ça m'a tracassé et j'en ai parlé à un ami, pieux comme une clôture.
Il m'a dit, "c'est satanique", ça m'a pas rassuré du tout et j'évitais de promener le bestiau.
Maintenant, je m'en fiche, je fais mes prières et lui ce qu'il veut.
Dorénavant, ça peut-être pendant le Gloria, le Pater ou le Sanctus.
Après tout, c'est Dieu qui dirige sa digestion et la mienne, alors, où qu'il est le mal?
Dans nos têtes, j'en air peur!
Et les voies du Seigneur sont impénétrables.

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /2008 18:21

Je sais bien que je vous submerge, mais une fois encore, j'ai pris des congés et, comme tous les paysans, je ne laisse rien filer; le fric, le beau temps, le travail surtout!
Je suis toujours en mouvement, c'est le problème des anxieux qui peuvent pas guérir, car tous les jours, un quidam qui veut ton bonheur! Et ça me convulse davantage.
C'est avant qu'il fallait y songer, ô mes philanthropes sangsues!
Je vous raconte deux mots de ma matinée, bien que cela ne vous concerne en rien; mais enfin, le vicomte se doit à son peuple! 
Détection dans les champs, récolte: un Nap, un plomb à guano, une seizième qu'est en train de prendre un bain de citron, et deux trois bricoles que j'ai pas encore eu le courage de doucher.
L'ancien maire, un agriculteur, est venu me voir;  il m'aime bien, il  sait que je suis médecin, mais il n'a pas de préjugés; je rends la profession moins dégueulasse, m'a parlé de sa prostate radiothérapée! On en a conclu tous les deux, lui, le vieillard, moi, le bientôt, qu'il faisait beau, que les blés étaient à point; on a vérifié en croquant et que les citadins étaient vraiment très cons.
Je vous passe les détails vulgaires comme le repas, les factures; je fais tout, c'est ça la noblesse pauvre!
L'après méridienne, j'ai décidé de faire sa fête à un laurier sauce que j'avais importé de mon précédent château.
L'animal , si j'ose, s 'est cru plusse que chez lui, genre immigré, et a fait de l'ombre partout autour, étouffant menthe, marjolaine, thym et anette que je m'échine à faire croître!
Cet après-midi, donc, sous un soleil de Satan qui va faire des brûlures colombariennes chez les plageurs, j'ai décrété la Reconquista!
Le laurier, il a saigné vert, je vous assure! J'en ai sorti bien cent cinquante litres de feuilles; maintenant, il a l'air tout stupide empesé, comme les crétins qu'arrivaient au service militaire avec des crinières! Ils osaient plus se regarder et les "en brosse", prévoyants, se foutaient d'eux.
Et ben, mon laurier, il va lui falloir du temps pour digérer l'humiliation!
Ca lui apprendra à laisser respirer les autres, il est pas prêt de sortir.
Vous avez vu, scribes diaphanes, ce qu'on fait avec un arbuste!

 


Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Mardi 29 juillet 2008 2 29 /07 /2008 20:53

Vous êtes plaisants, manouvriers! Rien qu'un titre, ça m'attaque ses deux cent mille neurones! J'y vais à l 'économie si je veux durer.
Vous verrez, jeunes adultes, qui écrivez comme vivez! Sans réfléchir, vous prenant pour des gens essentiels, comme jamais depuis Vinci, Léonard, pas le BTP! Pour les distraits.
Une page qu'on commence, sans trop savoir où on maraude, en gagnant du temps, que les Muses finissent leur sieste, m'en direz des nouvelles!
Ca vient pas comme ça, faut la matière; le public est avide de nouveautés. Ah! Les magasins de nouveautés dans les villes de province!
C'étaient généralement des magasins pour dames, qui vendaient vingt ans après, des robes qui servent maintenant de chiffons à celles de Paris.
Et bien, c'est tout comme ça maintenant! Le pionnier du jour est la momie du lendemain; Comment que vous voulez suivre? Impossible, asthmatiques devenez!
C'est pourquoi, moi, vicomte! Ai décrété dans mon royaume, qu'aucune prérogative peut déloger, fusse-t-elle de droit divin ou de Coulanges, je parle pas de droit républicain pompidolesque, gaullien, de Nagy Bocza Sarkosien (tiens! J'ai mis des majuscules, comme pour les bergers des Landes, les échasses), je dis donc, qu'aucun  oukase ne me contraindra à employer ce que l'humanité a inventé de plus vil et néfaste que le gépéesse, le bélinographe portatif et le fackse!
Toutes inventions diaboliques qui t'empêchent de réfléchir un chouia; de subir, jusque dans les lieux d'aisance, les mèles avec sonneries de cuvettes et d'être, en un mot,  importuné par des quidams qui t'ont jamais vu et qui te proposent des choses.
"Plus rogomme que toi, vicomte, on fait plus!"
"Si fait! Régicide! On fait."
Et on fera de plus en davantage! C'est la condition de la survie.
Immersion profonde!
Hibernation simulée avant les trompettes du Jugement!


Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Mercredi 30 juillet 2008 3 30 /07 /2008 13:28

Vous avez remarqué, comment je glisse des souvenirs à l'actualité, avec une déconcertante facilité, ce qui est la marque des grands auteurs!
Je mangeais benoîtement un morceau de pâté de lapin, dix pour cent lapin, le reste, porc et chimie! C'est l'époque d'escrocs que nous avons le privilège de vivre.
Et à propos d'escrocs, en écoutant Polope Un, y avait deux crétins interchangeables à souhait qui s'écoutaient plastronner, se plaignant que les Tch'ins soient maîtres chez eux, et se félicitant de ce qu'un soi-disant "criminel de guerre" serbe soit fait aux pattes!
Ah! Les ignobles porcs bien-pensants de cette bourgeoisie bernanosienne, encore plus putride que la précédente.
Ces bulots n'aiment pas la dictature des autres, mais alors eux! La leur, faut voir comment qu'ils l'exercent!
Un débat équilibré en France, le summum de la liberté démocratique chieuse faux-jeton de bastringue sous-développé, pardon! Émergent, c'est quand t'as un connard de gauche qui joue aux gendarmes-voleurs avec un pote à lui d'extrême-gauche.
Bah, merde, alors! Les rencontres Adolf-Bénito, à  ce compte, c'était un salon littéraire!
Vous me direz que j'ai pas à écouter!
Bien sûr! Mais un bout de pâté, c'est pas très causant et, de plus, mon chien bulle.
Ca finira quand cette imposture? Ces folliculaires, qui ont jamais rien foutu que d'être dégueulasses et repus du matin au soir!
Ces nouveaux Jésuites, qui disent le Bien et le Mal, qui clament leur indépendance d'esprit, alors qu'on a jamais vu de clebs râpés plus pavloviens!
C'est à régurgiter, ces messieurs-dames, voix de leurs maîtres!
Ils conchient la Chine, maintenant que c'est la mode, ils jouissent qu'un patriote balkanique crève en prison après un "jugement équitable", ils suent la vieille haine rancie des impuissants et des chaisières qu'ont pas la plaque de cuivre sur le prie-Dieu.
Mais jusqu'à quand, ces médecins urgentistes recyclés gestapistes, ces ratés de journaux immondices, ces perroquets psittaciques et scrofuleux nous joueront leur pièce montée du coeur gros comme les couilles de mon lapin nain? Jusqu'à quand, avec nos sous! Ces étrons viendront gerber dans mon déjeuner?
Un écrivain "Académie Française" que je connais depuis trente ans, me dit un jour: "tu sais, vicomte! Ce qui manque à notre époque, c'est des tueurs chrétiens!".
J'ai compris: Ravaillac, Corday Charlotte, Bastien-Thiry, et d'autres qui, eux, au moins, prenaient le risque!
Mais si y a personne, moi, je veux bien oeuvrer pour la salubrité publique; tant pis, je passerai au peloton! Mais voyons! Ces salauds le rétabliront rien que pour moi, que croyez?
Je suis un peu féru d'Histoire, et je ne crois pas qu'on ait connu deux mille ans une tyrannie pareille des ventrus de gauche, car le vice est à gauche mais l'écrou à droite.
Alors, c'est dit! Je médite un plan que les ex-RG pourront pas éventer.
Je vais prier; qu'on nous remette ces choses dans la septique!
Suivez les infos, vous verrez! Au début, vous n'y  ferez pas attention, coïncidence!  mais, avec du recul, vous allez voir l'hécatombe.
Les mecs de "l'Immonde", de "Myriam", de "Médecins sans Concience", du "Bigarro", de "Polope Un", de "l' Hibernation", j'en passe! Ah si, pas oublier les bordeliers de la lucarne, les Lacenaire du bon goût, de l'adultère en direct, du quadrisexualisme vertical et oriental, du TeléCon qui croyait prendre, vous allez voir leurs binettes verdâtres au fil des jours!
Je ne sais comment ça se produira! Un coup de Bourse, de grisou, de boules?
À moins que...
Que les plus infernaux encore, qui les montent, les trouvent décidément trop nuls, faisant de l'ombre à eux-mêmes; les trouvent couchés avec leurs femmes ou leurs larbins!
Ce n'est qu'une éventualité, y en a beaucoup d'autres!
Pour l'instant, chers barons et colporteurs, attendons avec sérénité le Grand Jour, qu'on puisse bouffer en paix.
Amen.






Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Mercredi 30 juillet 2008 3 30 /07 /2008 15:21

À l'origine, dès le Commencement, quand l'Esprit planait sur les eaux, j'étais censé vous entretenir de ma si édifiante enfance; et voilà que je m'écarte, en apparence seulement! Je tiens le but dans ma visée, mais y a des urgences, des imprévus et, forcément, quand ta voile fasèye, tu t'adaptes aux courants et aux vents, sinon,  c'est l'exercice de déssalage.
Mais, où qu'y va chercher tout ça, le nobliau! Maintenant, il va nous faire accroire, qu'il s'y connaît là aussi, l'omniscient!
Faut pas le prendre comme ça, rampants! J'étais simplement en train de vous dire que j'allais vite, car, dans trois jours, je pars villégiaturer dans un port des Flandres et j'ai déjà dû humer le crachin par avance et les glinguelignedeling des filins dans le vent!
Vous serez orphelins une semaine, dans le doute, l'inquiétude; peut être pas le deuil Eurydice, je souhaite pas pour vous!
Les Flandres, c'est pas au hasard, croyez-moi!
D'abord, c'est pas loin de mon manoir et ensuite, ils parlent pas français.
Rien que ça, pas entendre les conneries échoguidées des putris de la radio, jusque dans les rues et les tavernes, c' est reposant et c'est gratuit!
Ensuite, ils sont gentils les Flaflas, ils puent pas, et leur pays a encore un air humain européen, et ils ont l'air d'y tenir!
C'est pas moi qui donnerait tort! Et, d'autre part, je ne me mêle pas des affaires d'un pays "membre".
Par contre, je serai délicat, je trompèterai pas que je suis francophone! Encore moins phile; d'abord, c'est pas vrai et ensuite, c'est dangereux.
Et oui! Ils ont encore, ces sauvages! Le mauvais goût d'aimer leur pays, leur architecture, leurs ancêtres et leurs paysages.
Autant dire, des futurs Milosevic, Karadjic et autres forbans haineux dont on s'occupe efficacement.
J'essaierai d'abord  l'allemand! Si ne comprennent, ce qui est cousu! J'essaierai le québecquois, et si, par malheur, ne puis me faire entendre, sortirai mon drapeau!
Non pas celui des stades et des mairies, pas de ce pain!, mais le mien
, mon héraldique, avec des lions et des ours, ça devrait suivre.
Qu'est-ce qu'on a dû les engluer, ceux-là aussi, pour qu'ils en soient arrivés là!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Mercredi 30 juillet 2008 3 30 /07 /2008 17:26

Le boulevard Murat se situait dans le seizième arrondissement que j'appelerai  "populaire", du moins à l' époque 62! Je ne sais pas ce que c'est devenu; taudis ou lôphtes pour parvenus récents?
D'ailleurs, je m'en fous!
J'espère qu'il y a toujours la librairie au 122; la dame était gentille et me réservait Mickey; eh oui, j'ai eu ma période ricaine, je m'en veux pas, mais si c'était à refaire!
Il y avait le marché avenue de Versailles, que je faisais avec Mademoiselle Cosset; mais dites donc, quel marché! Sur des kilomètres, avec des vrais marchands avec leurs carrioles vertes débordantes de légumes, de fruits, de persil, de ciboulette.
C'était une chose sérieuse, le marché! Presque pélerinage; fallait voir comment qu'elle était belle, ma tomate! Et, le colin qui vient d'arriver, sentez-moi ça!
Le foie de veau, une merveille! Ma mère disait  "veau", pas "génisse", donc veau, et c'étaient des saveurs de Deutéronome.
De l'autre côté, derrière la fontaine ronde et crème, c'était Sainte Jeanne de Chantal, l'église.
Le dimanche, nous y allions, Mademoiselle et moi.
Ma mère n'était pas assidue; elle y allait qu'aux fêtes et encore, si c'est pas trop tard!
Officiait, dans le majestueux monument rotondesque, un jeune abbé d'une trentaine; soutane, col romain, souriant, l'abbé Lustifère.
Plus tard, je crois qu'on l'a catapulté Archevêque de Paris!
Je plaisante, je sais bien que c'est vrai; je vous dirai pourquoi plus loin.
À l'époque, c'était un jeune prêtre comme je les aimais bien; comme mon aumônier à Montgeron, sportif, viril, très pieux, mais jamais décourageant ou faux-monnayeur.
Ca, c'était avant!
Car, quand on m'a intimé de laisser tomber mon cher missel de communion à tranches dorées et signets de toutes les couleurs, pour me refiler un livret grisâtre cartonné, j'ai senti l'arnaque qui venait!
Mademoiselle, non!
Elle faisait confiance, la chère femme! Elle ne voyait le mal nulle part, ça ne pouvait pas l'approcher puisqu'elle était bonne! Je le dis sans aucune ironie.
Y a des gens comme ça, qui sont mûrs pour toutes les brocantes, les charniers et les nouveaux vaccins; c'est incurable la confiance!
L'abbé LaisseTout Faire, je l'ai rencontré trente ans après, car ma mère, passés ses soixante quinze ans, s'était mise en tête de faire sa première communion et j'étais enthousiaste! Plus que son père qui l'avait menacé de trucidage si elle trafiquait avec les curés!
Maintenant, je comprendrais! Avec l'engeance actuelle, j'aurai peur pour mes filles et mon garçon!
Depuis qu'ils préfèrent Aime-six au bréviaire, forcément, ça les démange et, de toute façon, il paraît que le cardinal Truc et le chanoine Machin s'en portent bien; alors, c'est quoi encore cette Réaction?
Pour la Communion Solennelle, Sa Cardinalice avait délégué la cérémonie à un vieux prêtre soutaneux qu'avait tout compris et qu'on osait pas encore virer.
Mais ça viendrait!
À Saint Ferdinand des Ternes, (mais oui médème!), la cérémonie a eu lieu dans une chapelle latérale pendant que la chrétienté en goguette s'éclatait devant le Tabernacle avec des micros, d'électriques guitares, des négrauspiritouaules, enfin tout le cirque musical d'autotamponneuses!
Dans cette chapelle à peine éclairée, (non mais!), se déroulait donc la première communion de ma mère.
Le vieux prêtre donnait pour la première fois la Sainte Hostie à une femme de son âge; seul public: moi!
Quel cinéaste de talent pourrait rendre cette scène d'un autre âge, genre morganatique quatorzième ou prise d'habit de mourant.
Pour la Confirmation, ça été plus délicat; il a fallu assister à des "réunions" pour qu'on ait bien compris que Dieu est grand , que personne détient la Vérité , qu' il faut aimer son lointain,qu'on peut faire son salut dans la boutique Jésus, Mohamed, Grand Charriot, Tao et de suite, du moment qu'on est sincère!
Toi, avec tes certitudes, tu te sens tout de suite un peu salaud, mais après, c'est génétique, chez moi, ça ne dure pas!
Nous avons donc assisté poliment au lavage hypothalamique sans en subir aucun dommage.
Nous, on voulait la Confirmation! On passait donc sous les fourches caudines des ménopausées stridentes et des grands dadais quinqua qu'avaient rencontré Jésus.
Finalement, (patience et longueur de temps faisant...), le jour arriva où, de toute éternité, ma mère devait être confirmée, malgré l'oukase paternel.
Bien deux mille personnes dans cette très moche église du 18ème arrondissement; un boucan pendant l'office pire qu'à Roissy embarquement! Un faux bordel sonore et gestuel très bien organisé par des animateurs qui, visiblement, trouvaient qu'on avait pas assez recherché le côté vaudou tant désiré!
 Mais, je vous assure, même vous! Qui foutez jamais les pieds à l'église, (des fois que vous en prendriez plein la gueule!), vous auriez vu cinquante prêtres déguisés clowns blancs, lever, descendre des calices, picoler, en passer à leurs potes en robe de nuit et j'en passe pour n'effrayer même le diabolo, sous l'oeil réjoui et attendri de Monseigneur, vous auriez préparé un bon bûcher grande largeur! Ca leur aurait rendu service; cela n'aurait duré qu'un quart d'heure que la graisse grésille, tandis que là maintenant, c'est trop tard, les malheureux!
C'est marre, ma maman a été confirmée par Monsieur de Paris en personne et ça en fera toujours un de sauvé!
Devinez qui?

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /2008 10:34

Bien qu'en vacances, j'ai fait un saut au cabinet, relever les factures.
Comment donc! C'est pas parce que t'y es pas, que t'es pas garroté chaque matin.
Allez! Le revoilà qui geint!
Pas du tout! J'informe; que je n'entende plus parler de vocation, de plus beau métier du monde; en fait, le plus ancien avec pute, mais c'est pareil!
Tu passes ce qu'on appelle la vie, tu paparles! À te décarcasser à leur sauver la peau, après examens bien complets, à poil tous! Les orifices explorés. 
Moi, j'ai le droit, mais m'en passerais, croyez-moi! Tu te bourres la substance pour suivre les soi-disantes avancées, qui tuent au moins autant qu'elles guérissent, (ben oui! faut bien renouveler le cheptel) et tout ça pour quoi, généralement?
Qu'on te diffame, que tu te laves pas, que t'es bizarre, des fois enjoué, d'autres, caverneux! Que t'es trop cher pour ce que tu vaux, limite aigrefin! 
On te tape des tonnes de courrier pour te dire, sur dix pages, que le gniard, il a la varicelle; si, si! C'est le pédiââtre qui l'a dit.
T'as pas d'heures, t'as plus faim quand c'est le moment! Tu graffities des molécules qu'ont dû être inventées dans des camps; si t'en donnes pas, tu te fais écharper; c'est sans cesse, des non-dits, des regards, des cire-pompes en attente, des comparaisons! Et tu te dis, mais, pourquoi ils restent, ces cons! S'ils sont si malheureux dans mon antre.
Ca me fait un peu penser aux ceusses du Capricorne et des Tropiques qui viennent dans le pays le plus raciste qu'on ait vu depuis l'Adolf, qui râlent tout le temps et qui bouffent plus si tu les renvoies au soleil.
Incompréhensible, malgré mon intelligence reconnue!
"Mais, dégage, vicomte, t'es mûr blet pour la retraite!"
Je ne peux vous en vouloir de cette réaction primitive, mais allez donc voir les statistiques de notre Caisse de Retraite, c'est public officiel!
Faut compter dans les trente mille médecins en invalidité définitive pour alcoolisme suraigü, troubles psychiatriques camisolards, accidents vasculaires toutes artères confondues, cancers vicieux et suicides inventifs!
J'espère éviter de cumuler toutes les catégories.
Quand j'étais jeune, (ben oui, ça a forcément eu lieu!), tous les enfants de médecin, à commencer par le mien, mais si! Rappelez-vous à Montgeron; tous les rejetons donc, voulaient faire comme papa, et ils le faisaient; j'ai des preuves et des brillantes!
Cui jour, aucun de mes cinq enfants s'est dit, je vais faire comme papa; ils ont des défauts, certes, mais cons? Non!
Et, chez mes amis de la boutique, (bien sûr que oui que j'en ai!), c'est pareil!
Faut dire que le soir, quand on rentre, on a une sale gueule, ça décourage les "vocations"!
Alors, où qu'elle est, l'explication?
Je suis pas sociologue concasseur de burnes, pontifiant sur Destop Un, mais j'ai quelques pistes.
- Uno, y a trop de médicaments!
- Deuxio, y a trop de "malades"; sur un fichier de trois mille trois cents, doit y en avoir cent cinquante qui méritent ma compassion et mes dix ans d'études à la Faculté.
- Troisio, la SS nous emmerde du matin au soir, avec des formulaires à la mord-moi-l'noeud, qui servent à rien qu'à bouffer des forêts; j'attends la SA sans enivrement!
- Quatrio, sur trente personnes de jour, t'as bien vingt-sept rhumes mérités.
Mais, par Wotan! Il me serait jamais venu à l'esprit d'aller voir mon médecin pour un mal de gorge; allez, pharyngite! Pour faire vrai.
C'est pourquoi, mon toubib, il est pratiquement mort de faim et de chagrin!
Sa femme l'avait plaqué, car les femmes aiment pas trop les pauvres, surtout si c'est leur homme; et, de surcroît, il ne s'occupait que de souffrants, autant dire personne!
À la fin, il survivait en peignant d'immenses gouaches très lourdes représentant des montagnes sinistres bistres; il était d'Argelès.
Personne achetait, bien sûr! Mais de temps en temps, dans sa salle d'attente, on voyait un grand rectangle de papier peint bien clair; le tableau avait disparu!
Je pense qu'il voulait se chauffer!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /2008 17:12

Décidément! Cette saison, en fin de journée, que des orages! 
À l'heure où j'essaie de vous distraire de vos séries Q, (avec le bon et le méchant); après, vous interchangez! Il vous faudra un noir, (mais, c'est une absence de couleur, tous les peintres vous le diront), un jaune, un blanc un peu cassé et un latino, et hop, roulez! Compresseurs hollywoodiens, pour abrutir la planète.
Putain! C'est pas croyable, comme moi! L'anticommuniste bridé barbudo stasique, je me sens chinois ces temps-ci.
C'est une malédiction, faut toujours que je remonte le vent!
J'ai des envies de prison, de martyre, d'étripage! C'est probable! Y a des maisons pour soigner ça.
Figurez-vous que quelqu' un s'est permis de déposer un "commentaire" sur mon oeuvre!
Il aurait pu attendre que je sois dans la "Pléiade"; il aurait fait les notes chiantes qui bouffent la moitié du volume!
Bon, je serai indulgent pour une fois, car il se trouve que c'est le jeune vicomte, mon fils, qui s'est aventuré!
Je suppose que c'est un hommage, un début de reconnaissance, un petit fleûrte sans malice!
Quoi qu'il en soit, c'est toujours plus plaisant d'être suivi que pas!
Sauf par les flics, bien sûr!
Du coup, péquenots, j'ai perdu le fil! C'est finaud!
De fait, je voulais vous parler des orages qui, cette année, s'invitent au diner.
Chez nous, Neuville-Bosc, c'est des vrais orages à la Dürer, à la Bosch Jéronimo; y font pas semblant, je vous assure!
À chaque fois, c'est des coulées de boue pas possibles, qui ont transformé mes hectares en "Mer de Sable", et mon sous-sol, que je laisse moisir depuis juin!
Bien sûr, tout le monde a son idée; c'est la faute aux extensives agricultures maïs, au maire qui glande rien, au canto qu'est un renfrogné persévérant et de suite...
Pour une fois, c'était pas la faute à Dieu; ils ont dû oublier dans leurs malédictions!
Le plus marrant, ce qui les inquiète, c'est pas les dégâts! C'est que ça se sache, et que leurs chaumières soient dévaluées au CAC!
Que voulez-vous faire contre ce bourgeois esprit, qui vient jusque dans nos campagnes et nos sillons, etc..?
Pour moi, j'attends paisiblement l'orage; je pense que cette nuit, on va morfler, mais  je mettrai pas le réveil quand l'Amazone passera derrière!
Je vérifierai demain les mètres de boue et je nettoierai quand  l'envie m'en prendra.
Ce jour, j'en suis à deux coulées qui stratent, et j'attends la troisième pour y passer mon bipeur, des fois que!
Puis, de toute façon, je m'en fous; mon chien et ma femme dorment avec moi!
Alors, le déluge, le Niagara crotteux et les coupures de courant, peau de balle!
J'ai aussi des bougies.

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /2008 13:35

Ce matin, je suis sorti assez tôt avec mon détecteur, à la rencontre de l'Histoire, du vent frais et du soleil levant.
Trois heures de crapahut, avec toujours les mêmes joies renouvelées!
D'abord, le silence! En fait, c'est pas un vrai silence; t'as les oiseaux au loin, des grandes forêts; je les connais tous!  
Certains, on dirait des claquessonnes; d'autres, des sifflets d'arbitre; on les voit jamais, ces piafs, mais eux, si!
Tu sais pas si tu déranges ou s'ils apprécient!
En tout cas, t'es dans la nature.
Combien je plains les zombies des villes qui ne savent pas écouter la vraie vie.
C'est les mêmes qui se pâment devant un reportage animalier au Brésil ou en Ouganda!
Mais, non! Ils ont tout cela, à deux portées de mousquet de chez eux, mais ça les fatigue!
Rien à en tirer, jouisseurs par procuration en recommandé!
J'avais déjà exhumé une petite quinzième fleurdelysée, une attache de vêtement du siècle tralala itou, que je vois à deux lieues, un gars qui s'affaire autour de sa moiss'batte!
Naturellement, j'y vais! Car il s'agite dur, derrière le monstre au-dessous des herses.
On fait connaissance; à la campagne, les rencontres sont jamais décevantes.
Je lui montre ma récolte; il apprécie en me faisant confiance, car, sortis de terre après six siècles, c'est pas facile à reconnaître, les antiquités!
Il y faudra beaucoup de temps et de nettoyage.
Lui, il m'instruit des pois qu'il va récolter; pour le bétail, pas pour les citadins.
Il m'explique qu'à quatorze degrés, il peut pas récolter; faut attendre seize-dix sept, que le pois, y soit tendre et moëlleux.
Sinon, la coopérative va lui foutre un malus sur la facture, alors que quand c'est à point, y a jamais de bonus.
Je comprends, je participe; comme y dit,"faut s'y faire", c'est les règlementations!
Il avait pas l'air exaspéré, malgré tout!
Sa bécane, il l'a mise en route vers onze heures, c'était la bonne température!
On a parlé des sangliers, aussi; y en a partout! Je les croise tous les jours, ils font des dégâts.
D'habitude, j'évite le sujet avec les paysans, mais celui-là, il les trouve beaux et pas gênants.
Alors là, c'est rare!
Je l'ai laissé à la maintenance de la moiss-bâthe; si fait! C'est comme les avions de tourisme; avant de décoller, t'as bien une heure de maintenance!
À un moment, il est parti dans son tacot Peugeot, pour aller bouffer; il m'a croisé, il a pas corné, non! Rien de cela!
Si t'es pas aux usages des campagnes, tu penseras mépris et indifférence!
Pas du tout, au contraire! Il te laisse travailler sans importuner.
Dommage, quand même! J'avais un Nap et un joli pendentif de harnais doré "Guerre de Cent ans", à lui montrer.
Allez, camarade, qui ne me lirez jamais! 
Sincère appétit, et à tout à l'heure, peut-être!

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