Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /2008 17:45

Vu l'âge que j'ai, ce qui remonte à la semaine dernière, c'est déjà de l'enfance!
Alors, si je vous parle de mes dix huit-vingt huit ans, la plus belle phase de mon existence, ce sera la garderie; donc, je suis dans le cadre fixé.
Il va s'agir de politique! Enfin, de ce que moi, j'appelle politique et n'en connais point d'autre.
Savoir, l'action violente, le militantisme, les collages tractages filoches, attentats; de fait, ce qu'il y a de plus rigolo à cet âge et l'époque s'y prêtait!
Pour réussir le cocktail, il y faut une jeunesse ardente et folle, mais c'est pareil, pas les bourgeois ce jour; il faut des chefs, et on en a eu! 
Je vous dirai pas les noms, car beaucoup sont vivants, au Parlement Europanaméricain, au Ministère de l'Intérieur, si! Si! J'ai les noms, ou encore dans des municipalités droite Rotary.
C'est pas ce qu'on aurait voulu, à l'époque!
Sur un lit d'hôpital à Bichat où je m'étais retrouvé par maladresse, n'ayant pû contrôler ma Mob sous la pluie, et étant passé sous une voiture qui m'avait broyée la jambe gauche, sur mon lit d'hosto donc, où les chirurgiens pariaient pas sur ma guibole, ma mère m'apporta une enveloppe.
Comme personne m'écrivait jamais, j'ai été flatté, intéressé, et j'ai ouvert.
Ce qui m'a frappé en premier, c'est le dessin qui y avait sur le carton; oui!
C'était un carton d'invitation.
J'ai trouvé le dessin joli .
Après, j'ai appris qu'il s'agissait d'une croix celtique.
Encore après, on m'a bien fait comprendre que c' est un symbole affreux, indigne de vivre, à vouer à toutes les madames gémonies!
C'est curieux, parce que, quand je campais en Bretagne à Porspoder et alentours, j'en avais vu plein les cimetières!
J'ai pas remarqué que les morts et leurs attentifs visiteurs étaient bouleversés.
Or donc, me voilà avec mon carton, en voie d'amputation. Non, non, je rigole pas! Maman commandait la prothèse!
Et ce carton qui a changé ma vie, y m'invitait, moi, à la création d'un nouveau parti politique, Ordre Nouveau.
J'avais jamais fait de politique auparavant, j'y connaissais rien, c'était un truc de vieux comme horloger ou gardien de square.
Et pourquoi moi? J'ai jamais rien signé de ma vie!
J'ai donné dans le truc et vous avez pas idée à quel point!
Je suis devenu chef de secteur, fondateur du GUD Médecine, agent de la Sécurité Militaire, terroriste, agitateur, vendeur de journaux, le meilleur! Journaliste, provocateur et j'en passe.
En principe, je suis amnistié par Pompidou, mais on sait jamais, y a toujours des vengeurs glorieux!
Si je survis à cette page et si mon éditeur m'envoie pas foutre à cause des menaces reçues, je vous raconterai comment on a essayé de décapiter Brejnev, comment on a réussi à prouver que les Comités de soldats dans les casernes étaient un repaire d'agents de l'Est, comment j'ai foutu une raclée à Madame Simone de B., très connue à l'époque, ainsi que son bonhomme que j'aurais bien aimé buter aussi, le Tartre!
Comment, à dix, bien choisis, on peut faire chier les bourgeois, les autorités et le toutim!
C'est un miracle que je sois encore vivant, je n'en remercie pas mon ange gardien!
Tant de mes camarades morts au Liban, dans des braquages foireux ou dans les pays de l'Est, et moi, comme un con, toujours là!
Si c'était à refaire, je le referai; mais en mieux, définitif, efficace, vainqueur enfin!
Mais Dieu n'a pas voulu, les Français sont trop cons depuis Bouvines, y nous méritaient pas! Dieu a toujours raison, non?
Au moins, j'aurais eu cette chance de connaître une jeunesse activiste; de même, pour mes chers ennemis trotzkystes et communistes; je leur rends hommage; eux, ils feront pas, soyez sûrs!
Pour le reste, y a rien à regretter, les gaullards sont à l'hospice; c'est encore trop doux pour eux, je trouve; les socialistes baisent avec les libéraux qui enfouinent les radicaux, les centristes, les affairistes, et ce qui reste du peuple, crève.
On l'avait prévenu!


Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /2008 20:14

C'était en 1971, je crois! Le czar soviétique venait en France en visite d'État, invité par Pompidou.
Ycelui était un honnête homme; un ancien instituteur auvergnat, ça peut pas être mauvais.
On se demande comment le Deguôle, il l'avait pris! D'accord, il travaillait chez les Rothschilds comme appointé, mais, malgré tout, il avait gardé le vieux fond paysan et toute la France l'aimait bien.
D'ailleurs, quand il est mort, un deux ou quatre avril, je crois, tout le monde a eu du chagrin et c'était sincère!
Le seul Président de la Cinquième qu'était encore humain!
Donc, Pompon, (on l'appelait comme ça! Comme Poupou Poulidor, c'est un signe d'affection!) il avait invité Brejnev, ou alors, l'ogre s'était installé d'autor. 
Allez savoir!
Nous, jeunes nationalistes, j'allais dire jeunes fasc...stes, mais je sais pas si on a le droit et j'ai pas Maître Vergès à ma pogne, c'est çui qui s'occupe des cas désespérés et qui réussit, généralement!
La veille de la venue du monstre, on avait passé la nuit, je dis bien la nuit entière, à foutre le feu aux drapeaux soviétiques de dix mètres qu'étaient accrochés à chaque lampadaire des Champs Elysées, en faisant gaffe à pas flamber les couleurs françaises mitoyennes.
Les flics étaient complètement débordés; le feu partait de Marigny et remontait aussi sec à l'Aéroflot.
De temps à autre, y avait un mastard de polar en imper mastic et énorme croix celtique au revers, made in USSR, qui venait prendre de nos nouvelles, nous proposer des allumettes et éventuellement, si t'acceptais, t'enfourguer avec des potes à lui dans une grosse Zil plaque corps diplomatique!
Évidemment, dans le Paradis des ouvriers, c'était facile; mais avec nous, c'était Till l'Eulenspiegel!
Je répète! Ca a duré toute la nuit; à la fin, tous les drapeaux avaient cramé.
Le lendemain, Tranche-Foire, le quotidien populaire, demandait le couvre-feu, les Spitfire et la Division Leclerc contre les factieux!
Mais ça nous a pas suffit, on voulait plus grandiose!
Alors, avec quelques génies de mon acabit, on s'est dit qu'il fallait conclure saignant!
Vers onze heures du matin, Pompon et  Popovic, ils devaient remonter les Champs en limousine décapotable.
Je sais plus qui a eu l'idée, mais j'ai marqué mon approbation.
Il suffisait de tendre un filin d'acier entre les deux trottoirs et, au moment où le convoi passait, tu rases le tyran au niveau des carotides.
Au dernier moment, on a eu un doute; on en a référé au Chef, qu'a dit: "mais vous êtes complètement barges; vous avez pensé à Pompon? Ils ont la même taille!"
Madame Pompidou ne saura jamais, que grâce à mon chef, elle pourra pendant des années faire les inaugurations au Pompidolium Beaubourg sans être veuve prématurément!
C'est de la petite Histoire, mais de l'Histoire quand même.
Gosselin Lenôtre en a rempli des volumes, de ces anecdotes!

Post-tapum
:
Marsupilami, le titre, c'est parce que je trouve la bèbête rigolote comme ce souvenir!

Re post-tapum
:
Je n'oublie pas mon pote Alain Escoffier qui, lui, a trouvé plus efficace de se cramer vif devant l'Aéroflot.
Honneur à toi, camarade!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 2 août 2008 6 02 /08 /2008 09:58

Faut pas m'en vouloir pour les dates, il m'arrive d'embrouiller!
Les lieux, non! Jamais d'erreur; mais la chronologie, ça peut être du Commynes.
En tout cas, une que je peux pas errer, c'est le 30 avril; vu que c'est ce jour que je débarquais sur l'astéroïde.
Date funeste dans l'histoire! J'aurais dû attendre une journée, et éblouir le monde, le Premier de mai! De plus, c'est la Saint Joseph, c'est pas trop mal comme tuteur! 
Donc, le trente avril 75, j'en suis sûr, c'était la chute de Saïgon; et les chroniqueurs de l'"Immonde" bandaient comme des ânes, à l'odeur des massacres à venir.
Ils se trompent tout "Le Temps" (ben oui, la majuscule, c'est pour désigner le journal d'avant, qu'ils ont débarqué, les historiens savent ça!), mais en occurence, ils avaient vu juste.
Les camps et les fusillades sont quotidiens, là-bas, hors vue des touristes, bien sûr.
Faut organiser les Foires Olympiades, dans ce bled, mes chéris! Vous aurez une occasion utile pour une fois, de gueuler!
Nous, à O.N, on avait décidé de marquer le coup.
En vérité, c'était plus O.N; on avait été dissout par Marcellin "de l'Intérieur" bien avant; ça devait être Faire Front ou Faire Face, ou PFN; peu importe, c'était le même personnel!
Le coup d'éclat, que la presse en cause, ce fut l'invasion des locaux de l'UNESCO, Fontenoy place.
Comme il s'agissait d'une affaire délicate à monter, on avait pris pratiquement que les chefs de secteur et quelques militants pas trop mabouls.
L'heure dite, on rentre; enfin, on force à une trentaine; on se livre à de répréhensibles déprédations dans toutes les délégations diplomatiques qu'étaient communistes, par devoir ou par trouille.
Je me souviens, j'espère ne pas lui créer d'ennuis s'il vit encore, que le diplomate nicaraguayen nous soutenait en loucedé.
Passée la surprise, on nous a pas laissé continuer l'inventaire, vous pensez bien!
Et les flics, et les vigiles sont entrés dans le bal.
Logiquement, avec nous, ils avaient rarement le dessus; mais le Chief, il a donné l'ordre de dispersion, et j'ai été le seul à pas entendre; ou alors, j'ai décidé de continuer tout seul la roumba.
Toujours est-il, que je me suis retrouvé dans le bureau, de la taille d'un aérogare, du patron de l'UNESCO.
De plus, en serre-file, y avait le Préfet de Police. Papon? Grimaud? Encore ma mémoire qui flanche! Et des gradés de Beauvau et des diplomates colorés.
Le patron du truc onusien, c'était un bon bougre, propre sur lui, très distingué, et d'une courtoisie toute Orsay!
Au vu de mes papiers, il s'est extasié sur le fait que je fusse né à Saint-Brévin, m'apprit qu'on construisait un grand pont là-bas, que ce serait pratique pour moi d'y retourner.
J'avais été formé à leurs techniques interrogatieuses; je mouftais pas, lâchais rien; si bien, que les gradés commençaient à s'énerver et voulaient des méthodes à haut rendement.
On a donc fait entrer un diplomate africain qui m'a accusé d'avoir émis un doute sur sa généalogie, le représentant de El Djezira qui, lui, sans preuves, voulait me mettre sur le dos la crevaison de ses quatre pneus.
Il a été aussi question d'une chaîne d'acier dont je me serais servi pour stranguler un mec d'un pays de l'Est.
Je les ai laissé débiter leurs gnangnans et, ce qui me faisait marrer, mais n'en montrais rien, c'est que ce sont tous ces Vidocq qu'avaient la pétoche, pas moi!
Et alors là, l'idée de génie!
Ne sachant pas combien d'heures avait duré la Question, j'ai regardé à mon poignet, et, stupeur! 
Plus de montre.
Aussitôt, je demande au Préfet  les documents nécessaires à la rédaction d'une plainte pour vol dans l'enceinte d'un bâtiment extra-territorial.
Leurs têtes déconfites! C'était pas le scénario voulu.
"Mais non, vicomte! Nos services vont faire les recherches nécessaires, et on vous tient au courant. Bien sûr, l'incident est clos! Voilà un ticket de métro pour rentrer chez vous".
Je vous garantis le véridique.
Le lendemain, le téléphone sonne chez ma mère; un monsieur veut m'entretenir, "ils ont retrouvé ta montre!"
L'après-midi même, je franchis la grande porte vitrée de l'UNESCO; je balance au larbin que je suis attendu par le Directeur, et effectivement, m'a rendu ma tocante, m'a reparlé de Saint-Brévin et m'a souhaité bonne chance dans mes études.
J'ai cru qu'il allait m'embrasser, rapport au dépôt de plainte que je renonçais.
Par la suite, j'ai eu d'autres démêlés avec d'autres puissants, et j'ai toujours remarqué qu'ils étaient lâches, pas de vagues! Et qu'on gagnait à tous coups.
En rentrant, dans le métro, je lisais dans la presse du soir, la liesse dans les rues de Saïgon, les fraternisations, les libations bacchiques.
Tu parles! Je savais bien, que, malgré l'héroïque acharnement des rangers et des paras sud-vietnamiens, avec l'appoint des petites putes courageuses de la ville, c'était foutu; ce gentil peuple allait rentrer dans la nuit pour longtemps.
Trois ans après, j'ai fait la connaissance d'une infirmière vietnamienne; elle est devenue ma femme, elle l'est encore!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 2 août 2008 6 02 /08 /2008 16:34

Pour les pauvres garçons qu'ont pas connu l'époque, il ne s'agit pas d'un komsomol de groupies, attaché à la personne du fondateur du Front National!
Là encore, je vous dirais des choses qui sont pas dans les livres, car Le Pen, il a rien créé du tout! Il a pris le pouvoir ou plutôt on l'a laissé s'emparer, je sais! 
C'était, je crois, mais pas sûr, Salle des Horticulteurs ou à la Chimie, je ne sais plus.
Mais je suis quand même vachement au courant, puisque, comme Fabrice à Waterloue, j'y étais!
En tant qu'un des responsables O.N; alors, faudra pas m'en raconter!
Non! Le Pen Club était, est peut-être encore, une association chicos à visée mondaine littéraire, quèque chose dans ce goût.
C'est à dire que dans de grands hôtels particuliers, en ce temps, on réunissait des écrivains pour des signatures, et toute la noblesse et la bourgeoisie allaient bouffer des petits fours sous des lustres en cristal, avec dessous, tapis rouge, laquais de carrosses pour les portes, huissiers à chaîne collier, enfin, le tralala mondain dégueulasse qui cessera jamais!
Ils avaient pas invité le Tiers-Etat, tu penses!, et c'est un vicomte qui vous parle; car le peuple ça pue, c'est juste bon qu'à acheter et trimer, c'est entendu!
Le premier qui me traite de démago prend un coup de noun'chakou, je sais encore m'en servir; et, quand on te traite de démagogue, t'es sûr que derrière la voix, t'as  l'ignoble muffle repu d'un type de gauche qui se dit intellectuel mais qu'a jamais mieux écrit que sur les papiers de Carambar, l'engeance à jeter!
Donc, nous, du Tiers, on s'était mis en tête d'aller saluer virilement des pontifes haineux qui faisaient la loi dans les "Lettres", comme maintenant d'ailleurs!
Il y avait bien une centaine d'écrivains apostats et parmi ceux-ci, de véritables auteurs.
Je vous dirai!
Tout ce beau monde était en train de s'empiffrer de bélouga et autres pâtés quand, tout à coup, la horde sauvage s'invita!
Nous, donc, du Tiers, du Loummpen, toujours les mêmes!
Au début, on a été un peu décontenancé, car ils avaient pas remarqué notre arrivée, tellement ils hurlaient en bouffant, des "ah! Ma chère" et des "oh! Mon cocu"!
J'ai fait remarquer à Poupou, non! Pas Poulidor; un copain à moi qu'est maintenant dans une municipalité, il se reconnaîtra! Que notre arrivée n'était pas à la hauteur de l'évènement!
Il avise, voit le drame et s'empare d'un encrier rouge qu'il balance façon javelot, à l'horizontale, sur un vison blanc qui lui tournait le dos.
Et ben! Ca y est; les repus se réveillent; c'est la panique, l'attentat Saint Nicaise, Ravachol, et j'en passe.
Ils ont pas compris qu'ils vivaient un moment merveilleux de lutte de classes!
Pourtant, c'était leur fonds, la lutte de classes! Et que je t'appelle les huissiers, les flics et les Cosaques du Don!
Le temps que la milice républicaine débarque, on avait descendu tous les lustres, les pupitres; et les écrivains faisaient connaissance au ras du parquet, et les huissiers à chaîne téléphonaient à leurs mamans.
Il y eut un instant magique, oh! Une, deux minutes peut-être, pas plus, où le seul écrivain debout, dans tous les sens du terme, qu'avait pas un bouquin à terre, c'était Jean Raspail.
Si vous connaissez pas, déjà, vous avez tort! Car c'est le meilleur de sa génération, comme on dit; qu'a eu des prix, et pas à coups de courbettes; à l'époque, il devait avoir une quarantaine et, avec ses moustaches, l'air d'un colonel des Indes de Kipling.
Lui, on l'a pas touché; on l'aimait beaucoup; on a pas eu le temps de lui dire de se vautrer, de faire semblant d'être victime de la terreur brune!
De toute façon, il  l'aurait pas fait; qu'il fallait qu'on se débine, si on voulait pas alourdir nos casiers.
Le repli impeccable par les grands escaliers de marbre d'un hôtel particulier de l'avenue de la Grande Armée.
À la sortie, pépin!
Un flic qui passait par hasard, sort son escopette de service, et met en joue mon Poupou, comme si c'était Mesrine!
Le Poupou, qu'a jamais eu froid nulle part, lui balance une baigne, récupère le flingue, jette le flic à terre et je vois le moment où il va lui loger une balle dans les mandibules!
J'ai dit "arrête, Poupou! Déconnes pas; il a ton âge"; j'ai eu du mal à le convaincre, mais finalement, j'ai récupéré le Manhurin et je l'ai balancé dans une bouche d'égoût.
C'est pas le pandore qu'il fallait buter, c'est les visons et les smokings du haut!
Ah, je te jure, c'est dur d'être cadre politique!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 2 août 2008 6 02 /08 /2008 18:04

C'est pas une mauvaise date, ça!
Dans mes souvenirs, en 1973, le onze du neuvième mois, un général de corps d'armée au Chili, (Pinochet, qu'il s'appelait!), avait fait bouffer les fondations de la Monéda à un affreux satrape socialiste qui saignait à mort dans les caniveaux, toutes les nuits, mes potes des Andes.
Avant cet heureux jour, les ménagères descendaient dans les rues et faisaient un boucan d'enfer car y avait rien à becqueter.
Les camionneurs bloquaient tout; c'était tendu, forcément!
Et voilà!, c'est le onze ou le treize? Ca recommence, les défaillances; enfin, on s'en fout; de toute façon, c'est septembre!
Comme on était très réactif à l'international, et, que toute la gauche française criait au golpe, au pronunciamento, à l' incendie du Reichstag, au retour de l'Antéchrist, on a bâti un petit plan bien modeste.
On voulait savoir qui étaient les artistes auto-proclamés qui appuyaient, financaient, toute cette campagne contre un compatriote! Car, "Pinochet", c'est bien français dix-septième siècle, quand même!
Peut-être l'Édit de Nantes ratiboisé?
Les vedettes pétitionnaires dans l'"Immonde", on les connaissait; les comiques haineux Dedos, les acteurs Bontant et Jignorais,les écrivains Tartre, Gourdieu et j'en passe!
Mais, les planqués, les agents d'influence, tous les commis de la révolution permanentée, ceux-là, y nous intéressaient beaucoup.
Oh! On a pas eu de mal à trouver, c'était dans le Bottin.
Une agence de productions du parti socialiste détenait tous les fichiers;
Il suffisait de s'y rendre.
C'était dans le dixième ou le onzième; décidément! Peut être même le douzième; une ruelle cradingue, une petite boutique minuscule.
On rentre, on dit "Bonjour Monsieur! On vient vous piquer vos bandes magnétiques et vos fichiers!"
Lui, il était pas d'accord, ça se comprend!
Je l'ai reconnu tout de suite, le permanent; il était toujours à la télé, c'était pas difficile.
Il est sénateur maintenant; il a des origines hongroises comme notre bien-aimé président; enfin, quelques radicules!
Soyez sagaces!
Il a été courageux! Il est resté assis pendant qu'on embarquait.
Avant de partir, comme j'ai la folie des grandeurs, j'ai avisé un tableau où pendaient d'immenses feuilles de papier, que les mecs y puissent jouer aux manadjeurs.
J'ai écrit un communiqué vengeur où il était question de commando numéro tant, sous-entendu, ça grouille partout de la vermine fasc...ste!
Et bien, allez voir les archives du quotidien de révérence du soir, à cette date! Vous verrez mon communiqué et l'ignoble attentat commis.
Ces cons se la jouaient.
Quant aux documents soulevés, je vous dirai pas ce qu'on en a fait.
Par contre, ce dont je suis sûr, c'est que certains journalistes, écrivains, acteurs, pitres, lèche-bottes radiophoniques, on les a trouvé moins diserts, mieux élevés; en un mot, ils avaient la trouille!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 3 août 2008 7 03 /08 /2008 13:33

Vers 1974-1976, il y avait de l'agitation dans les casernes.
On était à l'époque du service militaire obligatoire, créé par les Républiques, pour fournir en viande extasiée, tous les champs de bataille européens, afin, qu'entre initiés, les pactes soient respectés, les frontières remodelées, les richesses repartagées entre Fils de la Veuve, moyennant une saignée de dizaines de millions de braves types, dans le but évident d'éliminer les monarchies européennes, la chrétienté et, in fine, les occupants millénaires de nos territoires.
Sur ce point, la réussite est totale!
La boucherie Quatorze-Quarante a produit tous les fruits désirés.
Lisez les correspondances des pioupious français et allemands des deux Moundial guerres!
Vous verrez l'élévation d'esprit de ces jeunes gars qui aimaient leurs familles, leurs provinces, leurs métiers.
Il fallait mettre un terme à cette pornographie historique.
C'est pourquoi, Ch'irak, comme on le nommait quand il était pote avec Saddam, j'ai trouvé qu'il nous remettait dans la civilisation en abolissant la concription.
Ce que j'avais pas vu, c'est qu'on était plus avant les Lumignonnières, quand les Armées se présentaient à dix mille face à face, et que çui qui gagnait, c'était le général qu'avait encore un clampin debout; on signait un Traité, on enlevait une Principauté de part et d'ailleurs, et on se conformait.
Toujours ma naïveté foncière, malgré une très solide fondation politique.
En fait, le Maire du Palais, y voulait une légion d'hyperprofessionnels d'as de l'informatique militaire, pour la remettre clefs en mains à nos "alliés" d'Outre.
Son successeur a bien compris le scénario, c'est même pour ça qu'il est là!
Mais aux dates précitées, à l'heure du Pacte de Varsovie, ça rigolait pas vraiment, et on attendait le moment de recevoir un SS 20 balistique sur la capitale!
La subversion soviétique, elle avait beaucoup d'enthousiastes larbins dans le Royaume!
C'est pas ce qui manquait, les cinquièmes colonnes!
Et autrement sérieuses, que les mêmes avaient inventées, quarante ans auparavant.
Comme les services spéciaux délèguent toujours les emplois fatiguants à de jeunes illuminés dont personne ne déplorera la perte, je me suis retrouvé à la tête d'un petit groupe chargé d'apporter les preuves que les fameux comités de soldats, soi-disant émanation de jeunes trouffions trotzkystes, étaient bel et bien, une entreprise des services (si j'ose) de l'Est, qui à cette époque employaient dans des exploitations privées, une main-d'oeuvre bon marché, les zeks.
Voyez Soljénitsyne, Sakharov et autres!
Ça vous fera des lectures de plage utiles, pour une fois.
Le sergent Dupuis, qu'était un camarade intelligent, avait monté une association d'appelés et d'active, et, il était même parvenu à recruter la Maréchale Leclerc de Hautecloque.
C'était vraiment du beau boulot militant, avec des manifestations monstres, en particulier à Marseille.
J'étais admiratif! Il était dans tous les journaux.
Consultez les archives!
Moi, je serais plutôt de l'ombre, des coups tordus risqués, comme pour le poker ou son salut éternel.
On devait me faire confiance, car on m'a donné une adresse où je devais me rendre  (carte blanche) pour ramasser les preuves.
Nuitamment, dans Paris qui roupillait, à la tête de dix gus triés sur le volet, je me trouve devant la porte d'une école communale.
Toute illuminée, (et c'était pas les conseils de classe, quand même!)
La porte vitrée à double battant nous laisse passer, crainte des représailles sans doute, et nous voilà dans un couloir avec porte-manteaux; à gauche, une salle éclairée; de ces salles, qu'ont des vitres aux deux-tiers et du plaqué en-dessous.
Conclusion, pour l'effet de surprise, on rampe sous les patères et on fonce dans la porte qu'était même pas fermée à clé!
La stupeur, à l'intérieur! Le choc des cultures.
Une dizaine de personnes; moyenne d'âge, cinquante ans; assises autour de tables d'écoliers, réunies en quadrilatère.
Profitant de leur mutisme, on se place aux endroits stratégiques, mais une vieille se lève et commence à gueuler au fasc....sme.
Je la calme avec un somnifère métallique et plus personne bouge.
Ce qui m'avait averti, au départ, c'est que deux gars d'une quarantaine, en imper gris, avaient pas bougé un sourcil, ni pour défendre la vioque, ni pour se défendre eux.
Là, j'ai compris! On avait atteint le but.
Je confisque les papiers d'identité de tous ces élèves en retard; comme de bien sûr, j'en ai deux de RDA et, tant que j'y suis, je leur confisque leurs Tokarev.
Ils ont pas protesté!
Le lendemain, par des voies tordues, je remettais tout le matos à la Sécurité Militaire!
J'ai appris dans le "Gringoire" républicain du soir, que j'avais séché Madame Simone de B., qu'elle avait vécu les heures les plus sombres de son histoire, mais qu'elle allait bien; y avait même pas de manif vengeresse prévue!
C'est dire la mansuétude ou la trouille.
Grâces soient rendues au sergent Dupuis pour son travail productif, mais, de mon côté, je ne crois pas avoir été inutile non plus!
Encore quinze jours, et on n'entendrait plus parler des Comités de Soldats!
Désormais, ça se réglait entre ambassades. 
Celle d'USSR a dû rendre ses fafs au Castor.

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 4 août 2008 1 04 /08 /2008 08:22

Zek

Je viens d'apprendre ce matin la mort de Soljénitsyne.
J'en parlais hier et, en écrivant, je me demandais ce qu'il devenait.
Et ben maintenant, je suis au courant.
C'est lui qui m'a donné la ligne de conduite que j'ai gardé toute ma vie; savoir, ne jamais pactiser avec le Mensonge, le plus mince paraisse-t-il.
En particulier, dans Le Chêne et le Veau et, bien sûr dans  l'Archipel.
À l'époque, toute la gauche française le vomissait, faisait chorus avec les guébistes pour étouffer sa voix sous l'accusation infâââmante de fasciste.
Car, ces messieurs-dames des gros média stipendiés voulaient bien qu'on fasse une légère critique du communisme, qu'on le ravale.
Mais, qu'Alexandre fasse la critique décisive, celle des Papes, de l'intrinsèquement pervers, du communisme pire que le nazisme, alors là, c'était monstrueux et ça désespérait Billancourt!
Ces porcs n'ont pas réussi à étouffer la voie du Prophète, mais ils ont employé tous les moyens, de préférence dégueulasses, pour le disqualifier.
Il suffit de se rappeler le cordon sanitaire qu'ils ont mis en place quand Soljenitsyne est venu en France, c'était, je crois, pour la traduction française de l'Archipel.
On a sorti les Fly-tox, on a demandé aux enfants de s'écarter de la télévision; enfin, toujours les mêmes procédés des "écrivains" ratés du Parti et de leurs complices habituels.
Je parie que dans les jours qui viennent, ils vont sortir les encensoirs de leurs sacristies.
On verra les adjoints des épaulettes bleues littéraires dire dans le poste qu'ils ont été les premiers à le découvrir, à le protéger et tutti mensongi.
Les chiens!
Par grâce, je ne les entendrais pas, car je serais à Ostende, où j'espère bien ne pas entendre un mot de français.
J'embrasse ceux qui veulent bien et, à la semaine prochaine, si Dieu permet!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 12 août 2008 2 12 /08 /2008 15:14

D'aimer, du fardeau, soulages-toi
Laisses-le à un plus égoïste que toi
La confiance, marchandise avariée, putride
La famille, les rejetons des Atrides
Parents, parenthèses, chimères
Bienheureux les matelots morts en mer
Descendance, ascendance, déshérence!
Transparence, espérance!
Ne cherches à te faire apprécier, respecter
Ils diront "tyrannie surannée"
Ne cherches à te faire aimer
Ils diront "dépression avancée"
Ne cherches le soulagement désiré
Ils diront  "le laisser aller"
N'hésites pas à suivre ton sentier
Fier et entier
Tu n'y verras qu'un guerrier
Qu'un pélerin, qu'un portier
Ne cherches pas à te faire accompagner
Que chagrins à gagner!
Ne fais pas de détours inutiles
Rendez-vous des imbéciles!
Évites en sûreté les boulevards
Tu n'y croiserais que bavards
Sois seul puisqu'ils ne te laissent que ce choix!
Mais au moins que ce soit une vraie croix
Laisse le monde aller comme il va
Car l'enfer porte ses pas
Ne crains pas d'être vrai en ivresse
De Dieu, ne redoutes pas la caresse
Il est sûr que ces vers à la mer
N'amèneront que des propos amers
Continues néanmoins ton parcours
Au milieu du monde et des cours
Un jour vient, c'est certain
Où on te donnera la main

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 12 août 2008 2 12 /08 /2008 15:14

C'est pas que je risque de les oublier, mais, ce jour, je veux ressusciter les morts.
Je vous ai dit, j'ai le pouvoir sur les animaux, alors, sur les hommes, les vrais, vous pensez!
C'est pas maintenant que je vais me faire des fraternités!
D'abord, c'est trop tard, et ensuite, il faut les circonstances.
Il y faut une vision partagée, un but, un effort commun.
Si c'est pour parler boulot, voiture, pêche à la ligne ou fifilles, alors merci bien! 
Y a les bistrots et les comités d'entreprise pour çuiça!
Y en a qui sont connus, d'autres, pas; c'est égal; je les mets dans mon petit panier d'affection et de reconnaissance.
Tiens! Gripari Pierre; à l'époque, tout le monde se foutait de son génie, de son élégance littéraire; il courait les Éditions avec ses manuscrits, autant dire que c'était foutu!
Maintenant, les solennels crétins pédagogistes l'enseignent aux petits, avec le même à-propos que le Petit Prince, le plus beau poème en prose pour adultes.
Décidément, ils nous auront tout salopé!
Ils vont pas leur faire lire la Vie de Gripotard aux gniards, ça m'étonnerait; je sais même pas si la Polizei dé la Penzzée déboulerait pas!
Le Gripari Pierre, je le revois comme d'hier, mince, effacé, courtois, la chevalerie discrète!
Bon, d'accord! Il était de moeurs inversées, mais jamais, il ne la ramenait là-dessus; jamais on avait des oeillades, des invitations à redécouvrir Bérénice.
Simplement, il partageait notre idéal; nous l'aimions et le respections comme camarade et comme écrivain.
S'il voyait maintenant le bordel qu'on fait avec ces histoires de bites à rebours, il en serait malade; peut-être même qu'il changerait de bord, le copain d'abord!
Un autre gros calibre, plus proche celui-là! François Duprat, alias Solchaga, et d'autres alias pour différents journaux; le plus lu, Rivarol!
Chaque fois qu'il me voyait, autant dire quotidiennement, sa calvitie débutante se balançait en avant, son imper glissait en arrière, et, de sa voix chantante du sud, il me gratifiait d'un "Salut, vermiiiiiiine fasciste" qui nous suffisait.
Quel parcours que le sien!
Trotzkyste de formation, nationaliste social quand il a réintégré la France dans ses amours, historien pointu, il nous régalait dans Défense de l'Occident, de ses chroniques où il débusquait d'improbables mouvements amis en Inde ou au fin fond du Caucase.
Ses "Nouvelles du Front" dans Rivarol étaient toujours un régal de précision et d'ardeur.
Il a dû déranger des gens susceptibles car il a fini explosé dans sa voiture, après avoir ouvert un colis de la poste.
Cher François, cher camarade! Dans un sens, il vaut mieux que tu voies pas ce qui se passe dans ce qu'on appelle "la France".
Puisque j'en suis aux héros, mention particulière à mon pote Stéphane Zanettacci de la Fac d'Assas, qui, lui, s'est fait éviscérer par les palestiniens en combattant au Liban avec les
Kataëb.
Espérons que c'est pas pour des prunes!
Je ne peux pas parler des vivants, enfin si on peut dire! Car ils sont dans des ministères, dans des Parlements ou dans des entreprises.
De plus, ceux-là ont tout renié et ne méritent ma plume.
Je citerai au passage ceusses que j'ai un peu croisé, pas pour faire l'important, mais pour vous montrer qu'à l'époque, on n'avait pas peur de se mouiller avec des activistes!
Lucien Rebatet, Maurice Bardèche, Jean Raspail, Maurice Ronet, l'acteur, pour les distraits, et tant d'autres!
Qui va nous remplacer ces garçons brillants, chacun dans sa catégorie?
Qui va nous redonner cette foi, cette fougue, cette envie de tout remettre d'aplomb?
Autant demander qui va nous rendre notre jeunesse!
C'est pas gagné! Les vieux sont vieux, les jeunes sont vieux, les pauvres envieux, les riches vicieux, et plus personne veut se bouger.
Mais ça marche pas comme ça, l'Histoire!
C'est ceusses qui bougent, qui gagnent! Voyez les Échecs.
J'ai bien peur que les Grandes Époques soient révolues, que le rêve de chaque se limite à son taudis.
On verra bien.

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 12 août 2008 2 12 /08 /2008 19:50

En 1974, alors là, je suis sûr de la date, car on était encore dans la série des septennats, et, sept ans après, c'était Mitran!
Maintenant, c'est les quinquennats, et je propose les semestrats à tous ces cons, qu'au moins, dans les manifs, les anathèmes se renouvellent!
Sept ans, c'est long quand on est impatient; faut pas se tromper de cheval!
Nous, on n'avait pas de candidat; Le Pen émargeait à la SERP, 6 rue de Beaune, septième, et on était un peu orphelins, mais pas manchots!
Les moins répulsifs des candidats, pour nous, étaient Valéry Giscard d'Estaing, (par rachât) et Royer, maire de Tours.
Les Républicains Indépendants, (c'est marrant comme sigle), avaient bien un candidat, Giscard; du pognon invraisemblable, mais pas de service d'ordre.
Or, six ans après 68, c'était encore très chaud comme ambiance, dans les rues, et, pour les métingues, impossible sans S.O!
Nous nous dévouâmes donc pour assurer la protection des réunions du faux descendant du ministre de Louis le Quinzième.
Nous fûmes d'une efficacité redoutable!
Nous n'agissions pas pour le monsieur d'Auvergne mais pour les pépêtes qui nous permettraient de renflouer les caisses de notre groupuscule ardent.
Comptez 3000 francs par membre du S.0; nous étions à peu près deux cents; faites le compte! Et c'est par jour.
Tout en liquide, dans des valises, avant l'embarquement dans des bus Poulmane; j'ai vu les valoches, j'ai vu le fric colossal, chaque jour! J'ai rien gardé, ni personne, d'ailleurs.
Le tout, allant dans les caisses du parti; enfin, j'espère!
Une campagne de ce niveau durant bien trois semaines, vous voyez bien qu'on n'avait pas choisi le candidat du caniveau!
Libération de la grande époque s'y était pas trompé; celle du jeune July, qui affichait malicieusement et systématiquement une immense croix celtique sur l'énorme front luisant du Giscard.
On comprend la prudence du prétendant quand on zieute d'un peu près ce qu'étaient les militants républicains indépendants du Barnum.
Une centaine de garçons blazer cravates prout-prout madame, que la seule perspective d'une violence révulsait!
Je ne vais pas vous raconter tout le périple, le Tour de France complet en bus climatisé avec chiottes, mais vous donnerai une ambiance vécue au Havre ou au Mans, je ne sais plus.
Un immense Palais des Sports; trois, quatre mille clampins possibles; au fin fond, minuscules sur l'estrade, Marcellin, ministre de l'Intérieur, Lecanuet, peut-être Garde des Sceaux, et Giscard.
Plus d'autres sous-fifres à chercher dans le dictionnaire.
Salle comble.
Des bourgeois, des prolos, des commerçants, venus assister à l'apothéose du Sauveur de la Banque et des Affaires.
Nous, au fond de la salle, c'est à dire à l'entrée, derrière une quadruple porte vitrée à battants, avec un sas, et rebelote! Quadruple porte vitrée.
J'espère que j'arrive à me faire comprendre!
Tout se passait bien; baratin électoral; on vous aime, on vous sauve, on veille sur vos économies! Mais, le problème, c'est que vers 22 heures, un meeting d'Arlette se terminait, et que les gars d'en face, ils avaient envie de mieux nous connaître.
Ce qui devait arriver, arriva, et, vers 22h30, les huit portes vitrées volaient en éclats, sous l'effet conjugué des lance-pierres à billes d'acier et des barres de fer de nos challengers.
Il semble qu'il y ait eu un complot, car, au même moment, des débardeurs de la CGT balançaient des balcons, des Jeunes Indépendants, qui laissaient leur rachis écrabouillé dans le blazer, tétraplégiques sur l'heure.
J'ai bien vu avec Poupou que le carnage était proche; il avise une lance à incendie qu'on met en route à cinq et qu'on tient à dix!
Et alors là, mes enfants! Il faudrait un Chpilbergue pour vous narrer l'anthologie.
Les gauchistes passaient, un à un, très militairement, devant la porte éventrée et nous envoyaient des billes d'acier et des cocktails
Molotov.
À chaque passage, Poupou et moi, et Philippe aussi, qui connaît tout Bruant par coeur, on les décapitait à la lance à incendie!
Ils rebondissaient sur vingt mètres et remontaient à l'assaut.
J'arrête là l'épopée, ne veux vous lasser.
La morale de l'histoire, maintenant.
Quand le gros des troupes laguilléristes a réussi malgré tout à rentrer dans l'enceinte, notre contrat étant de protéger Giscard, Lecanuet et tous les Indépendants, nous avons fait preuve d'une certaine façon un peu voyoue, avec couteaux, nounchakous et cure-pipes.
Devinez ce qui arriva? Mais vous le saviez déjà, non?
Toute l'asssistance républicaine indépendante se retourna pour nous huer, nous siffler, nous traiter de noms atroces où il était question de nazis et de fascistes.
Poupou m'invita à les châtier comme les autres, mais j'ai dit, qu'yceux étaient dignes, mais pas les boutiquiers!
Pendant ce temps, Monseigneur d'Auvergne, Dents Blanches et qu'on sort, s'esbignaient sous la protection de flics, révolvers sortis et tenus à la verticale à deux mains.
Qu'en conclure?
Que les bourgeois méritaient Giscard!
Mais pas nous.

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés