Souvenirs

Mardi 12 août 2008 2 12 /08 /2008 21:18
Obligations nationales, c'est à dire, service militaire! J'explique, pour les désobligés actuels.
Après six semaines de classes à Libourne, où vous cumulez l'agrément du crapahut avec vos vingt kilos sur les omoplates, et l'enseignement enivrant des armes NBC, vous choisissez votre affectation pour la suite du service à la patrie reconnaissante.
Sur ce coup, j'ai été balèze! Car, arrivé dans les cent premiers sur deux mille, j'ai pu choisir mon Centre de loisirs.
Ma mère habitant Paris dix-sept, j'ai sauté sur la seule base de loisirs qui restait; Caserne Mortier, vingtième.
Avantage, je rentre tous les soirs, sauf les gardes, bien sûr!
Inconvénient, c'est l'arme la plus chiante qui soit, le
Train!
Y a rien à faire, tu glandes, t'attends la soupe!
J'étais responsable de l'infirmerie, évidemment, et, à part surveiller qu'on me pique pas la terpine pour en faire une tisane, quelques vaccins, le reste du temps, tu regardes les camions se faire réparer.
Un jour, je vais voir le colonel, je lui dis: "Mon colonel, je m'emmerde!"; y me répond que c'est normal et que t'es là pour ça.
J'insiste! Une petite mission, un petit service, que c'est du gâchis que de laisser un gars comme moi en garnison!
Il opine, il comprend! "Moi aussi, à votre place" etc...
Mais, y a un os.
"Vous voyez votre dossier? Y a une croix rouge, là!"
"Savez-vous ce que cela signifie?"
J'ai bien une idée, mais je la garde!
" Et bien, cela veut dire que vous êtes fiché, mon lieutenant, comme militant politique, et que je ne veux pas d'ennuis!"
"Allons, allons, mon colonel! Moi, un ami de la Patrie, vous causer des ennuis, n'y pensez?"
"J'en étais sûr, on peut vous faire confiance!"
Je sais même pas s'il est au courant que j'étais un peu free-lance à la Sécurité Militaire!
Il me propose quelques semaines à Coëtquidan comme médecin des prépas Terre Mer.
Je fais le délicat et puis j'accepte, mais je veux y aller pas que comme médecin; mais, comme soldat, aussi!
Il lève un oeil; cette audace doit lui rappeler son jeune temps; il dit pas oui, il dit pas non; faudra voir ça avec le médecin-colonel à Coët.
Je vous raconte demain mes vacances à Coët et, comment, le matin j'étais médecin, et l'après-midi, commando, sous l'oeil bienveillant et humide du médecin-colonel  Chassagne, qu'était de
Rhin et Danube.

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Mardi 12 août 2008 2 12 /08 /2008 21:18

À Coëtquidan, ce qui frappe, l'arrivée, c'est la forêt!
Un cadre idyllique, rien d'austère militaire; rien de triste ou qui sue l'ennui de la vie de caserne.
J'étais sous les ordres du médecin-colonel Chassagne, un généraliste du 18ème, qui faisait des périodes tous les ans pour se faire plaisir, ça se voyait! Mais aussi, par désir sincère de servir, de transmettre.
Tout de suite, entre lui et moi, ça a parfaitement collé car on "en voulait" tous les deux.
Il m'a confié la consultation du matin pour les prépas Terre et Mer, des gars un peu plus jeunes que moi, qui, en plus de leurs études, étaient volontaires pour des instructions.
Autant dire que l'esprit était totalement 
mili.
C'est exactement ce que je voulais!
Figurez-vous que quand j'ai parlé à ma mère du Docteur Chassagne, elle le connaissait!  Car sa femme, se faisait coiffer aux Buttes-Chaumont, comme elle.
Bon, je sais! Le monde est petit, mais, dans ce registre, un peu plus tard, je vous raconterai comment un bougnat, forcément auvergnat, a "fini" directeur d'une ferme royale au Maroc de Sa Majesté, Commandeur des Croyants, Hassan II.
Pour l'instant, je fais mes consultes avec assez de talent, car au début, quand j'annonçais bronchite ou pied d'athlète, le Chassagne y venait vérifier; après, y se donnait plus la peine!
Mon côté provocateur a encore opéré quand, nuitamment, je me suis livré à un travail illicite à l'entrée de l'infirmerie.
Le matin, je m'étais mis en embuscade pour vérifier l'effet produit!
Tout le monde rigolait; forcément, y avait un attroupement, et les mecs d'active fronçaient le sourcil.
Mon Chassagne s'est contenté de sourire malicieusement, se doutant que j'étais le criminel et me demanda respectueusement: "Mon lieutenant, voulez-vous décrocher cette banderole du toit, où quelqu'un a écrit en énorme: "TOI QUI ENTRES ICI, PERDS TOUT ESPOIR".
Pour les distraits, je précise que c'est du Dante.
Il n'y a pas eu de vagues du côté de la hiérarchie!
À midi, déjeuner au mess des officiers, bien entendu.
Oh! Nous n'étions pas nombreux de la réserve, car, à part Chassagne, y avait un dentiste-aspirant, un colonel de réserve, assureur dans le civil et deux trois autres que j'ai oublié, désolé!
C'est le dentiste qui va nous occuper deux secondes, pour le moment.
Il était bien entendu pour tout le monde, qu'ici, tous se vouvoyaient et marquaient les plus grandes marques de respect dûes à la hiérarchie et au vivre ensemble.
Au milieu du repas, je suis à court de sel, alors je dis au dentiste: "Mon lieutenant, pouvez-vous me passer le sel, je vous prie?"
C'est civilisé, non?
Alors là, l'arracheur, il veut copiner; je déteste! Et il me lance: "Appelle moi Jannier, putain!"
Je rétorque avec une impeccable logique grammaticale, "Jannier Putain, passes-moi le sel!"
Il blêmit, se lève, se rue sur moi et entreprend de me corriger.
Du coup, Chassagne, il pique sa crise, vire le dentiste, et on continue le repas entre gens bien élevés.
La nuit suivante, l'arracheur, il avait levé un commando de quatre ou cinq, pour me souhaiter une bonne fête et me virer du lit, et m'envoyer à l'infirmerie pour m'y opérer moi-même!
J'ai rien dit aux gradés, pas le genre! Mais ça a dû se savoir, car mon Jannier, on l'a plus revu dans la réserve; ils l'ont renvoyé à son fauteuil de torture.
Bon, dites! J'en ai encore pas mal à vous dire, ce sera pour tout à l'heure, car, vous ne vous rendez pas forcément compte, mais c'est du travail, l'écriture.
Alors, repos!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Mardi 12 août 2008 2 12 /08 /2008 21:18

J'ai commis un impair!
Certes, ce n'est pas le premier, mais tout de même!
J'ai intitulé mon oeuvre Souvenirs, même quand je cause d'hier.
J'avais pas vu qu'à l'heure, dans ce médium planisphère, ça me situait entre Saucisses  et Suceuses.
Ca ne me laisse qu'un tout petit espace où je risque bien de ne pas laisser ma trace.
C'est égal!
Le génie ne se découvre qu'à ceux qui cherchent, fût-ce derrière les poubelles.
Je n'ai pas trop le courage d'aller voir les libellistes d'à côté, mais de temps à autre, je tombe dessus par inadvertance ou par curiosité malsaine.
Ce qui me frappe, de prime abord, c'est qu'à part leurs problèmes de petites culottes et de fausses couches, ils ne font que répéter, soliloquer, paraphraser, copier, les infâmes qui font l'actualité des radios, des télévisions putassières, des commentaires de commentaires de commères hertziennes!
Rien dans le citron, dans l'émotion, dans le poème, dans la féerie!
C'est tragique, ça! 
Qu'un tel moyen de rencontre avec d'éventuels frères humains soit une espèce de fosse septique, même pas au lions, où on  ne peut échanger des émotions de rétiaires et de béliaires.
C'est le grand meloena des revendiqueux insatisfaits, des verbieux anophiles, des solitaires verrucides!
Alors, qu'est-ce que je viens foutre dans cette foire aux bas-fonds?
Allons, allons, vicomte! C'est un petit moment de découragement temporaire; tu vas te reprendre; que te fout l'environnement, hein?
Fais comme toujours! Slalome entre saucisses et suceuses, tu finiras bien par trouver un veilleur qui attendait ta lanterne sourde!

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Mercredi 13 août 2008 3 13 /08 /2008 18:37

Après le déjeuner au mess, j'avais carte blanche pour apprendre aux prépas quelques rudiments de combat.
C'est rigolo, car je n'avais aucune compétence, aucun entraînement, mais, malgré tout, on me faisait confiance pour occuper les gars, ou alors, en haut lieu, on s'en foutait!
Mais, je ne crois pas!
Ma seule référence était dix ans de combats de rue où j'avais quand même appris pas mal de choses au contact des gauchistes, des communistes et des forces de l'ordre.
J'ai donc, tout naturellement, transposé au cadre sylvestre.
Le plus gros du travail était de faire des marches forcées de plusieurs heures dans les bois, assez touffus et accidentés, avec des rivières et des tertres pentus, enfin, pas un parcours de golf!
Comme je voyais bien que ça ne suscitait pas l'enthousiasme, mais uniquement des tendinites et des ampoules au pied que j'allais me tartiner le lendemain, j'ai vu plus grandiose.
Après avoir bien étudié les cartes d'état-major publiées chaque matin et qui signalaient en particulier la trajectoire des blindés, (ça peut être utile!), j'ai décidé que nous passerions la journée en forêt, en simulant une progression sous le feu de l'ennemi.
À cet effet, j'avais sélectionné un plastron de dix gus, armés de fusils à balles blanches, qui devait nous tendre des embuscades sans que je sache où, ni comment.
C'était donc l'ennemi; appelons les: bo-doï, partisans, forains ou salariés de l'URSSAF, c'est comme vous voulez!
Nous, de notre côté, même effectif; mais nous, les patriotes! Les défenseurs de la Cité! Les futurs morts au champ d'honneur! Comme ils disent.
J'avais choisi un parcours vraiment très accidenté où on n'avançait que plié en deux, à cause des branches basses, et aussi, pour ne pas se faire repérer par "l' ennemi".
Pour faire plus vrai, j'ai décidé qu'un gars avait une fracture de la jambe et qu'il fallait l'évacuer vers l'arrière.
Nous voilà donc à couper des branches qu'on passe dans les manches de veste de nos treillis; ce qui fait un brancard correct, trimbalé par quatre hommes et le "blessé" brinquebalant dessus.
Au moment où on passait une rivière, le plastron déboule; on l'avait pas vu depuis deux heures et il nous mitraille à balles factices! Faut comment même faire gaffe à pas se prendre les douilles qui, elles, sont pas en carton.
Bien qu'il ne s'agisse que d'un entraînement, je sens qu'un ou deux prépas paniquent un peu à cause des coups de feu et des hurlements des copains d'en face.
Et alors là, je l'ai pas dit au colonel, mais y a deux de mes hommes qui foutent le camp à l'instant même où on se prend une grenade à plâtre!
Enfin, pas nous vraiment, mais le "blessé" qu'était sur la civière de fortune; il se la prend en plein sous le cul, vu que la grenade est tombée juste sous le brancard que mes déserteurs avaient lâché.
J'ai sanctionné l'indiscipline criminelle en leur piquant leurs Gauloises et on est rentré à la base, mais le "blessé" était maintenant blessé et je l'ai confié à l'ambulance militaire.
C'étaient deux caporaux chefs qui conduisaient, deux filles très gentilles, genre poil aux pattes, pas fantasmatiques pour une solde, mais très sympas.
Comme j'étais fatigué de ces cons, j'ai pris le volant, je suis rentré à mon logis avec elles et mon blessé.
Ceci dit, les ambulances verdâtres Croix Rouge n'ayant pour suspension que des ressorts à lame, j'aurais mieux fait de rentrer à pied!
À chaque fin de mission, il faut "rendre compte"; ce que j'ai fait, oralement d'abord, par écrit ensuite.
C'était comme ça tous les jours! D'abord l'oral, puis scripsit!
Que tu pisses, que tu te grattes, que tu sois au pas de tir, faut aviser!
Moult rapports après, mon colonel Chassagne avait pondu lui aussi un rapport que j'ai encore chez moi, où le lieutenant Linières était vraiment un officier de première, médecin génial et soldat de légende.
J'ai échappé aux Invalides de peu!

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Mercredi 13 août 2008 3 13 /08 /2008 21:25

Ca n'a l'air de rien, ainsi dire, de raconter des choses épiques!
Quinze lignes qui tiennent en équilibre horizontales, c'est pas un loisir expiatoire; c'est un labeur ardu, croyez m'en!
Les mots viennent pas comme ça, comme mes mouettes voraces à Ostende, pour bouffer, prendre l'air!
Faut aller les chercher, les mettre en équilibre sur la portée, avec une clef de sol ou de terre, au choix, au départ!
Pas prendre la clef au hasard et mouliner à l'aveuglette dans des eaux saumâtres!
C'est comme la natation, si t'es pas assez confiant pour faire la planche Force Huit, espére pas savoir flotter!
Il faut intéresser les tréteaux, surtout quand la salle est vide; c'est ton orgueuil, ta félicité!
Si t'as pas d'histoires à raconter que tes hémorroïdes et tes premiers poils pubiens, laisse tomber, me crois!
Apprivoiser le langage comme le Renard du Petit Prince, vous savez! Les champs de blé qui me rappelleront tes cheveux et l'immense poèsie de l'aviateur rêveur avec!
Transmettre une émotion, c'est la tapisserie de Pénélope, toujours à reprendre, jamais finie, toujours en peine!
Jamais tu n'arriveras à celle de Bayeux; dans un sens, c'est mieux; je l'ai toujours trouvé aussi moche que la Joconde!
La perfection, c'est les Dames à la Licorne; ça n'existe pas, ça ne devrait pas exister, et pourtant, elles sont toujours là!
Je ne suis pas du genre à faire tapisserie, humilité de faussaire!
Mais si je parvenais, ne serait-ce qu'une page, à être tapisserie de château plaquée au mur glacé de l'hiver, pour voir une damoiselle dénouer sa chevelure dorée au miroir argentique de sa chambre, alors, certes! Je veux bien continuer à vous dire des choses.



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Mercredi 13 août 2008 3 13 /08 /2008 21:25

Fallait bien que ça arrive!
Une lectrice bienveillante m'a fait remarquer que j'écrivais comme Céline!
Aïe, aïe, aïe! Comme si on pouvait nous refaire du Destouches; impossible! Un monument! J'essaierai même pas un "à la manière de", qui l'aurait mis en pétard!
Simplement, on ne peut plus composer après Céline comme avant; de même qu'il vaut mieux pas se risquer à faire des gammes après Wagner, comme s'il était pas venu!
Alors, chacun son tempo! Des influences, forcément, mais c'est tout.
Fin de la parenthèse que je n'avais du reste pas ouverte!
Non! Avant cette interruption toute professorale, qui veut à tout prix construire des casiers, je voulais vous recauser de mon bougnat de Molompise, je vous l'avais promis!
Mais ce sera sur la fin, car sinon, vous comprendrez rien!
Figurez vous, que vers mes vingt trois ans, mon pêêre s'est rappelé qu'il avait un fils;  pourtant, il n'en a eu que deux! C'est pas trop méningitique à se souvenir.
Il voulait m'emmener en vacances avec sa femme et lui au Maroc.
Bien sûr que j'ai accepté! Et pas uniquement pour le Royaume Hachémite!
En ce temps, je bougeais beaucoup; le plus loin, c'était encore trop près.
Depuis, pour me faire sortir de mon pré carré, il y faut un incendie ou les Uhlans!
Donc, le Maroc et ses sortilèges de mille nuits.
Mon pair, il était attaché militaire à la Cour du Roi Hassan II, qui aimait les français et qui, pas con, confiait les tâches délicates aux anciens colonisateurs plutôt qu'à ses fellah!
C'était le Roi, il savait ce qu'il faisait, je suppose!
Donc, le monarque, y nous avait invité dans une de ses fermes royales.
Je suis pas bon dans les descriptions, alors, je vais suggérer!
Vous avez vu le film Technicolor Gone with the wind avec Scarlett, hein?
Et ben voilà, c'est ça, une ferme royale! C'est Tara, mais, à la place des noirs bénévoles et pacifiques des plantations, vous faites transmigrer autant d'autochtones avec habits blancs immaculés bordés de galons et broderies rouge et or, vous donnez un petit coup de main pour faire circonférencer deux cents moutons bien alignés au-dessus de barbequioux géants, vous remplacez les vertes prairies par une oasis tout aussi verte, avec palmiers et essences rares qui poussent que là-bas, vous attendez par politesse la permission de vous jeter dans les piscines olympiques de céramique turquoise en albâtre et de suite!
J'espère que l'évocation hypnotique a marché; sinon, tant pis pour vous, j'ai essayé l'illusion!
Autant dire que chez le Roi, tout le monde est roi! Enfin, si t'es invité!
Pour bien faire, il faudrait que je me débrouille pour vous photographier le palais des sables, les meubles, les tentures, les tapis, mais vous n'avez qu'à faire un effort, ne serait-ce qu'en relisant Tintin; c'est pas trop fatiguant et toujours instructif!
J'étais en train de m'envoyer un cousse-cousse géant; rien que le plat de semoule, y  z'étaient deux à le tenir, c'est dire! Que mon papa, y veut me présenter au directeur de la ferme royale.
Je vois pas bien l'intérêt, vu que j'ai horreur des mondanités et que mon arabe tient en deux gros mots!
Mais non! Crétin! Qu'il me fait! C'est un français!
C'aurait été un vénézuélien que ça m'emmerdait toujours, mais il voulait montrer son fils.
À l'étranger, ça devait moins le gêner!
Arrive un gus d'une quarantaine, habillé simplement mais très coûteux; je m'y entend là aussi!
Je dis à mon papa, en aparté: "je le connais!"
Mon papa a dû se dire que le vin de palme m'avait tourné, mais trop tard! Le gars était devant moi et me serrait les cinq.
Vous voyez comment ça se termine, hein? Futés!
Je dis au pacha: "vous seriez pas des fois un peu auvergnat?" Il opine!
"Et, par pur hasard impertinent, pas de Molompise, en prime?"
Il m'éclabousse de larmes, de souvenirs, de retrouvailles émues, à l'orientale! Tout en cris et boucan pleurard!
C'est mon père qu'avait l'air con, qui cherchait la sortie!
Il a jamais pu supporter que j'ai raison et surtout d'être né, alors! Devinez sa tronche!
Comment mon bougnat il avait atterri là, c'est Le mystère de la Chambre Jaune, mais, en y réfléchissant, il avait dû avoir des accointances par son père lors de l'armée Juin, des Tabors, quèque chose dans ce goût!
Alors? C'était pas sympa, le Maroc, pour les immigrés français!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Jeudi 14 août 2008 4 14 /08 /2008 11:14

De la seconde à la terminale, j'ai séjourné à Janson de Sailly; c'est étonnant, car ce n'était pas ma "carte scolaire", mais peut-être qu'à l'époque, ça n'existait pas.
C'est ma mère qui m'a inscrit, pensant sans doute que le cancre fabuleux que j'étais, allait enfin apprendre à travailler!
Je ne l'ai pas déçue, car, de ce jour, j'ai été brillantissime! Le déclic, tout d'un coup; toutes les matières me plaisaient et je réussissais outrageusement, sans avoir l'impression de faire un effort.
Bon! C'est bien gentil tout ça,vicomte! Mais tu nous a pas convoqué pour nous assourdir de tes prouesses scolaires, n'est-il?
Bande de jeunes impatients, scolaire suis resté! Il faut bien une intro, t'attaques pas comme ça de but en blanc. 
Je sais! C'est l'époque qui veut ça.
Nous, avant qu'on braise les muqueuses, y avait la parade nuptiale, les défis félins ou lupiques, les brâmeries au fond des bois à huit cors!
Maintenant, c'est le sommier qui grince dans la foulée de l'oeillade, et l'éjaculat de 25 cc qui se prépare dans l'allégresse des amours inouïs.
Bonjour les manières et la romance!
Bon, d'accord, j'y vais!
Y avait de la progéniture célèbre dans l'enceinte, des noms très connus, même maintenant; mais je vous dirai pas, vous m'avez énervé!
Un garçon taciturne, hautain, timide, avait attiré mon attention car son aisance naturelle et financière ne l'avait pas hissé chez Jupin, comme dit La Fontaine.
Tout naturellement, nous nous sommes rapprochés et nous sommes découverts des points de convergence.
La musique, la nature!
Son père était directeur de banque à Paris, il habitait un immeuble haussmannien; il m'invitait souvent à écouter ses vinyls, et nous fumions nos pipes avec l'air pénétré que devait avoir le compositeur à l'ouvrage.
De mon côté, je prétextais des travaux dans l'immeuble, qu'il voie pas où je dormais!
À Pâques et aux grandes vacances, il me conviait dans la résidence de ses parents en Auvergne, pendant qu'yceux étaient ailleurs.
Je manque à mes devoirs, je ne vous l'ai pas présenté, il s'appelait Xavier Chabasseur.
Son bled en Auvergne, c'était Molompise, orthographe pas garantie. 
La demeure était nommée " le château" aux promeneurs égarés.
En fait, c'était une grosse bâtisse bourgeoise du 19ème avec peut-être des souvenirs du dix-huit.
Il avait aménagé la grange en auditorium avec des baffles partout en hauteur et nous dégustions essentiellement du Wagner, mais pas que!
Il avait agencé son studio-étable de telle manière que le Prélude de Tristan ou la chevauchée des Walküre étaient d'une netteté acoustique poignante.
C'était également un sportif; sa passion: l'alpinisme.
Certes Mauriac, c'est pas l'Éverest, mais, croyez-moi! Aux alentours, y a des pitons, des rocailles assez vicieuses qu'on ne peut atteindre qu'avec des cordes, des piolets et des crampons.
Quand nous redescendions au château, nous devisions sous la tonnelle, toujours avec nos pipes et du vin blanc.
De temps en temps, il fallait bien aller au ravitaillement, et, dans le village, il n'y avait qu'un seul commerce; une boutique de cinq mètres carrés où s'entassaient les Butagaz, les conserves, les clopes, des revues, des allumettes, enfin, tout le nécessaire pour vivre en hobereau!
Cette brocante était tenue par un homme dont l'âge était mystérieux; ça pouvait aller de trente-cinq à soixante dix ans, tant son allure lui donnait un air de clandestinité pouilleuse!
Bérêt sans âge en équilibre instable, maïs fumant aux lèvres, barbe et moustache de trois jours, pantalon du moyen-âge, des braies disons, et le tout à l'avenant!
Trois mots dans la journée, c'était apparemment le maximum pour lui.
Je vous situe l'animal car je vais vous en reparler!
Il mérite le projecteur, m'en croyez!
Je vous le présente dans la suite de mon feuilleton . 

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Vendredi 15 août 2008 5 15 /08 /2008 17:59

Ça a jamais été très facile d'avoir dix-sept ans!
Aussi bien pour les récipiendaires que pour les parents; maintenant, je m'en rends compte, vu que j'ai fait les deux côtés du boulevard.
Mais, à Janson, sans un rond! Sans un nom! Sans la limousine qui t'attend à la sortie, franchement, tu te sens pas sur ta planète.
Comme causent les ploucs actuels, t'es exclu!
Oh! Mon exclusion, je l'ai gérée, comme d'habitude! Pas besoin d'association maquereaute à sonner, pas de cellule psychologique nécessaire comme çuy jour où, dès qu'un quidam fait une bombinette, t'as toutes les ressources des assoces, des psy, des Samu, qui te proposent leur aide visqueuse vengeresse.
C'est curieux, j'ai aucun souvenir de filles dans ce lycée élitique!
Peut-être qu'y en avait pas! En tout cas, ça m'a pas traumatisé.
Je n'ai souvenir que de garçons de mon âge ou plus poilus.
N'étant pas de leur monde, d'ailleurs, de quel monde suis-je, en vérité? Se faire des La Boëtie a été très ardu; les clans se formaient en fonction des chaussures, des coiffeurs ou des blazers.
Toi, dans ce registre, tu suis pas! Tu sais pas comment faire!
Ou alors, t'as pas envie.
J'ai tenté pourtant, avec deux garçons du rang derrière moi; je les entendais parler musique en cours; je me suis dit qu'il y avait une piste.
Le lendemain, je m'approche d'eux alors qu'ils étaient en train de déchiffrer une partition avant le cours et je leur fredonne l'ouverture de "La  Pie Voleuse" de Rossini, que j'aimais bien! Encore maintenant, d'ailleurs!
Les deux, y se gondolent, y m'envoient aus pelotes; que c'étaient des vrais musiciens et qu'ils étudiaient dans le texte "La Mer" de Debussy.
Avec en bonus, le mépris glacé, la morgue friquée des bourgeois constipés; quand j'y repense! Si je les coince un jour, les sexagénaires, je leur fais bouffer leur prostate; ce qu'il en reste!
À ma gauche, c'était pas mieux!
C'était le frère aîné de Brigitte Fossey, la gamine des "Jeux interdits".
Ca a dû leur monter à la tête dans la famille, l'escapade ciné! Car lui, impossible de lui tirer un mot.
Ceci dit! Beau garçon, chevelure bouclée dorée Fra Angelico; nonchalant, mais une phrase par jour, maxi!
Ou alors, un débile léger? Allez savoir! J'avais pas encore mon diplôme.
Un phénomène aussi, un rouquin très digne, très raide, blazérisé cravaté club anglais dernier cri, qui n'avait aucun camarade, c'est pourquoi je me suis risqué mais cet abruti ne se déplaçait qu'une main à plat sur le ventre derrière la veste, comme Napoléon, son idole!
Je lui aurais bien proposé un bicorne et une épée mais le saltimbanque ne jurait non seulement que par l'Usurpateur, mais encore, en avait ajouté un second, De Gaulle!
Là, c'était pas possible!
J'étais jeune et inculte, mais quand même, je sais reconnaître un assassin authentique certifié histoire quand je le croise!
Le rouquin, c'était donc fichu!
Ma quête du Graal a fini par payer quand j'ai dégoté Chabasseur, mais c'est pas venu facilement!
Tout ça pour vous dire, chers voyeurs qui me lisez gratos, que les classes sociales, ça existe bel et bien, et que les rejetons sont pas les derniers dans la pantomime!
Également pour vous expliquer que, dans ces circonstances, t'es vite triquard, mouton à deux têtes, ce qui, immanquablement, déclenche des petites quarantaines prophylactiques, des tentatives de mise à l'Index, de ces sournoises hypocrites duvetonneuses persécutions, indétectables pour les pions!
Pour faire court, la synarchie était manifeste et, consacrée à la cantine!
Des tables de vingt; les riches, le long de l'allée centrale où circulent les plats; les pauvres, au fond, le long du mur où t'écrase en s'étalant un riche moins riche.
Résultat! Pendant des semaines, tu bouffes pas, tu dépéris; à moitié table, les plats sont vides de l'avidité des puissants!
Seulement, quand tu développes le mental grondant de la revanche, les Gibelins et les Montaigü, il peut arriver des drames!
J'aime bien les drames quand j'en suis l'auteur!
Tout de suite, ça vous grandit, ça vous rend un statut visible, vous êtes l'acteur, c'est plus les autres!
Ce jour, où je me libérai de mes chaînes, a vu la scène suivante dans le réfectoire.
Comme d'habitude, le plat arrive en tête de table, et les puissants se jettent dessus comme des piranhas et dévalisent tout.
Enfin, c'est ce qu'y croyaient!
Car, en ce jour béni, l'immense hall du réfectoire a entendu tout d'un coup le mugissement du Minotaure, et un silence s'est installé, fait de peur et de religion!
C'était moi, oui!  Moi! Qui avait décidé que bouffer était un droit universel, même à Janson.
Comme un ressort, j'avais giclé du mur avec ma fourchette verticale en pogne et, arrivé en tête de gondole, l'avais planté dans le plat de viande.
Manque de pot pour le saligaud du bord, y avait sa main en-dessous.
Et le mec, il est parti dans tous les sens dans l'allée, comme un ballon qu'on dégonfle d'un coup, en hurlant de douleur, ma fourchette saignante dans ses métacarpes!
Et, c'est ces deux rugissements, lui, de douleur, et moi, de victoire, qui avaient pétrifié l'arène!
J'ai été exclu plusieurs jours, bien entendu, Janson ne reconnaissant aucune justification à une prompte justice!
Cela dit, tous les jours qui m'ont amené vers les rivages glorieux du Bac, j'ai mangé à ma faim!
Sans abus!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Dimanche 17 août 2008 7 17 /08 /2008 08:38

Dehors, les cloches tintent joyeusement: c'est Noël!
Le sapin était merveilleusement décoré; des guirlandes aux couleurs chatoyantes illuminaient des étoiles et des grosses boules multicolores scintillaient.
Ce Père Noël en verrerie reflète la lueur des bougies.
Celles-ci brûlent silencieusement avec un petit crépitement qui vous réchauffe le coeur.
J'étais heureux, très heureux.
Dehors, il neigeait. C'était un vrai Noël. L'arbre brillait, les cadeaux étaient là sous la verte parure et le grand arbre semblait dire: "admirez-moi".
Les petits paquets nous incitaient plus que les gros. Un peu plus loin était une crèche. Les personnages étaient disposés avec amour et, au centre, insouciant, réchauffé par l'âne et protégé par le boeuf dormait l'enfant Jésus.
Cette crèche était, elle aussi illuminée et l'ensemble était du plus joli effet.Tout à coup, la pièce devint complètement sombre. Les bougies s'étaient éteintes. Lumière!
Le moment le plus palpitant était arrivé. Le choix des cadeaux. Je commencerai par le plus "petit". Il était quand même de belle taille, mais par rapport aux autres, c'était le benjamin. Je pensais que ce fut un gros livre ou bien, un chapeau...
Je défis le papier mais un deuxième apparut. Il s'en alla. Voici un troisième papier, un quatrième, un cinquième, un sixième.
Je commençais à croire que c'était une plaisanterie; mais enfin, une boîte apparut. Dessus, en lettres d'or: Omega.
Je ne voyais pas ce que ça pouvait être. Je passais dans ma tête toutes les marques d'aliments, de chocolats, de lingeries.
Non, décidément, je ne savais que penser de cette inscription si mystérieuse. J'ouvre.
U-ne mon-tre!!!
Je ne savais comment remercier mes parents qui, s'apercevant de ma stupeur se prirent à rire; je devins écarlate!
Un deuxième paquet, c'était une masse informe mais légère. Je n'eus pas de mal à découvrir la chemise qui était l'objet de mes rêves.
Et celui-là! Oh! Un porte-monnaie.
Mais attention! Il n'est pas vide. Ah! Mais non! On me gâte de trop. Mais j'ai l'impression que ce sont mes dents qui vont être gâtées!
Car je découvre une boîte énorme de crottes en chocolats.
Mais je ne pourrais pas faire l'énumération de tous mes cadeaux..
Tard dans la soirée, je me couche.
Mais, quelle douleur, quand le lendemain matin, je vois sur le calendrier Lundi 26 décembre.
Ah! Ça reviendra, me dit ma mère.
Oui, ça reviendra...

Voilà, chers amis! C'est daté du samedi 4 janvier 1964, j'étais en 4ème 2 et c'était la rédaction qu'on nous a demandé de rédiger sur les fêtes.
J'ai obtenu 7/10.
Je passerai sur les annotations désobligeantes et sorbonnardes, du genre: cela, pas ça! Ou encore: attention à l'emploi des temps!
J'avais treize ans et, à la relecture, grâce à ma mère qui a conservé religieusement toutes mes oeuvres de l'époque, on voit quand même des anomalies.
Je n'ai jamais eu de montre Omega, je n'ai jamais eu de "parents", seulement ma mère!
Alors, pourquoi ces  mensonges, ces figures de style?
C'est simple; c'est ce que j'aurais voulu avoir!
Le maître, il devait bien savoir tout ça; mais non, il m'emmerde avec l'emploi des temps!
Je n'ai rien ajouté ni retranché à cette copie avec marge en rouge pour les vilenies "correctrices" et, à y bien regarder, je trouve ça pas si mal.
On n'écoute pas tous les jours non plus les premiers concerti d'
Amadéousse!
Si vous êtes attentifs, vous noterez une certaine logique et continuité jusqu' à ce jour, 58 ans!
Et in fine, un petit papier rigolo avec une petite bande dessinée muette en quatre gravures en en-tête que j'ai dégoté je ne sais où.
Je devais avoir cinq ans.
Je ne change rien, je laisse les fautes avec respect!

"Chère Maman,
J'ai été au zoo lundi j'ai vu des zèbres, des singes, des chimpanzés, des perroquets, des sangliers, des pingouins, des pigeons, des faisans, des pelicans, des lions, des lionnes, des tigres, des ours blancs, des éléphants de mer, des éléphants, des phoques, des petits renards, loups, des petites giraffes, et pour terminer le zoo j'ai vu un singe sur une gazelle -je t'envoie mille gros baisers ainsi que Madame gazeau."

Tel que!
Moi, qui n'aime pas les énumérations, je comprends pourquoi! J'ai dû en baver avec mon petit Larousse!
Madame Gazeau, c'était une colocataire de ma mère aux Buttes-Chaumont; la crise du logement pour les pauvres, c'est pas récent, non?

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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Mardi 19 août 2008 2 19 /08 /2008 21:23

Si vous ne parlez pas d'actualités, vos lecteurs assidus se limiteront aux membres de votre famille, en retranchant ceux qui vous font la gueule car ils ont mal agi; ce qui vous restera, fera un tout petit cénacle!
Nous avons perdu dix garçons, ce jour, en
Attrapnistan!
Mais, si notre "président", je mets des guillemets car je n'ai, au for interne, jamais  "reconnu" aucun président, si notre factotum, donc, le Président Jakouzy, dont le patronyme respire tellement notre sol natal, si notre vénéré guide Fatrouzy, avait seulement lu une page de Conan Doyle, il saurait avec mon confrère le Docteur Watson, qu'on ne gagne jamais en Perteménistan et qu'on a rien à y foutre!
Ce peuple fait ce qu'il veut et je ne vois pas le rapport avec nous!
Personnellement, aucun lévrier afghan ne m'a mordu sournoisement et je ne vois pas l'intérêt d'aller les démocratiser, sauf peut-être, celui des yorkshires et des pitt-bulls pour aller bouffer dans leur gamelle!
Bien sûr, je sais, le terrorisme!
C'est toujours comme ça que les dictatures auréolent leurs opposants.
Si çui-ceux gagnent, ils se déclareront résistants, et leurs vaincus, eux, seront des déchets même pas recyclables!
C'est sans fin depuis Azincourt et les Thermopyles!
Le "chef" obéit à des ordres étrangers à notre peuple, pour faire massacrer ycelui et ensuite, fera baiser son anneau périscopal aux familles éplorées reconnaissantes, émues de tant de sollicitude!
Moi, je veux bien parler des nouveautés massacrantes du day, mais c'est sans fin, et je préfère les menuets, les gavottes.
Cela dit, si je voulais, je ferais beaucoup mieux que toutes les leghorns mouillées du big média encarté, tenues par la barbichette, sans aucune pensée personnelle, ni même sans aucune teinture d'Histoire, même Michelet, c'est dire!
Ce soir, notre Consul  Fricoudzy, fera de beaux rêves en pensant au bel éloge funèbre qu'il fera demain.
Pour ma part, je ferai un petit poème, pas antimilitariste quand même! Je ne vais pas changer de cap, mais sentimental; mais oui!
C'est parti!

Depuis
Grandeur et servitude militaire
La République ne vous honore qu'en terre
On vous a appris à servir, à obéir
Pour la gloire de l'Empire
De temps en temps, apprenez
Où vous mènent les félons,
Les Ganelons,
Qui vous font miroiter
Les vertus, les fiertés,
Qui, sûrement, vous mèneront au trépas
Pour rien
Quand vos chefs prépareront le repas
De leurs chiens!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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