Jeudi 28 août 2008 4 28 08 2008 21:28

Ca devait être entre 1970 et 1974!
Je ne suis pas météorologue! Je peux hésiter, non?
Dans ces grandes brumes adolescentes, j'étais très pro-yankees!
Malgré les Indiens, les Chinois des chemins de fer et le nettoyage ethnique germanique dont j'avais à l'époque, strictement rien à faire!
Pourquoi, j'aimais les ricains?
Leur drapeau est beau, quand même!
Ça offre une autre peinture que notre lessivière!
Et puis, surtout, ils combattaient le communisme!
Je dis pas que c'était vrai, mais ça avait l'air!
Et pourquoi, j'aimais bien les gens qui combattaient le communisme?
Alors là, vous êtes vicieux! Car maintenant, je sais pourquoi! Mais c'est venu après, l'exégèse!
Car, à l'époque, honnêtement, je n'aurais pas pu vous répondre intelligiblement!
Je devais être intoxiformisé par le cinéma d'Outre, les Apollo, la "Cinquième Dimension", le feuilleton! Et tout le toutim des vainqueurs de la Seconde War Patton!
Je ne regrette rien, j'ai bien vécu cette période!
J'ai choisi mon camp; c'était l'Amérique!
On était en pleine guerre du Viet-Nam, guerre qui a fasciné tous les gens de mon âge, pour ou contre! Guerre qu'on suivait au quotidien comme mes oncles scrutaient celle d'Algérie.
On va dire 73, allez! Au pif! Nixon venait en France pour causer avec Le Duc Thô, il me semble! Des accords, pour déterminer qui allait bouffer l'autre, quèque chose dans ce goût!
Tout le monde savait ça en Europe; alors, vous imaginez, moi! Qui écoutait Radio Tirana, Radio Free Europe et autres Gesellschaft sur ondes courtes depuis l'âge de seize ans! Un peu! Que j'étais au courant.
Je m'étais pointé quinze jours avant au consulat U.S, à l'angle de la rue Royale et de la Place de la Concorde!
Les Dji-aïïïzes en uniforme blanc d'apparât, ils m'ont laissé rentrer sans moufter!
Essayez pour voir, maintenant! Vous serez chaleur et lumière subito!
Donc, je suis dans le sanctuaire et je dis au type d'accueil: "je voudrais des drapeaux américains pour accueillir Nixon!"
Le gars, il doute pas! Il voit un frère qui pourrait être son fils!
ll passe un coup de fil et un wagon de fanions étoilés dégringole!
Je dis: "deux! Ça suffira!"
Il a l'air un peu déçu, mais toujours ému.
J'embarque les trophées et j'en remets un à une petite amie de rencontre.
La manif, ce jour! Aucun souvenir!
Mais de toute façon, la politique ne m'intéressait pas en ce temps!
C'étaient les images, les photos, les documents!
J'avais toujours un Instamatic Kodak autour du cou et des pelloches de diapos fourrées partout et je naviguais, de jour, de nuit, dans Paris, pour faire de beaux clichés.
C'était riche d'évènements, Paris, ces temps là!
Je planquais pas pour rien!
Le premier vol du Concorde à ras de l'Arc de Triomphe, le centenaire de Renault avec défilé de tous les véhicules depuis l'origine, les bigs artistes, les gross-bigs politiques, et enfin, mon préféré! Sincère je suis! Nixon.
À la fin de la conférence internationale, à la veille de son départ, Richard Nixon pieutait à l' Elysée, et, toute la nuit, l'internationale télépresse radio attendait Faubourg Saint Honoré la sortie de l'homme exécré de ces délicats plumitifs!
J'avais mon plan en me couchant la veille.
Réveil à quatre heures! Ma mère dormait! Je ne fais pas de bruit, je vais à pied au bas des Champs Elysées.
Plus exactement, à la Grille du Coq, c'est une autre sortie de l'Élysée face au Grand Palais.
À cinq heures du matin, dans la nuit, je doute!
Personne! Pas de flics français ou américanais, pas de badauds, que moi!
J'attends une bonne demi-heure et, lentement et silencieusement, l'immense grille fer forgée s'ouvre et le défilé des limousines bannières étoilées glisse sur le gravier à pas d'homme!
À ce moment, j'avais été rejoint par trois ou quatre gus, mais aucun journaliste!
Deux monstres blindés passent, puis trois et enfin un quatriéme suit!
Pas d'erreur possible!
Les deux fanions américains brodés d' or à l' avant, c'était forcément lui!
Incroyable! Les six portes s'ouvrent de concert, je m'attends à une bastonnade, mais pas du tout!
Nixon sort du bahut, s'avance vers nous, on est quatre ou cinq! Il a l'air heureux!
Un type tout petit, pas comme sur les photos, mais alors! Costaud, massif, son nez énorme en pied de soupière!
Il me tend une main gigantesque poilue dessus-dessous, me martyrise les phalanges, me parle une langue inconnue et remonte dans son paquebot tout heureux!
Ce qui me fait rigoler encore maintenant, c'est que même Match n'a pas les diapos que j'ai toujours chez moi et que je me suis pas lavé les mains pendant une quinzaine.
Le 11 novembre suivant, j'étais à deux pas de De Gaulle et de Couve de Murville qui remontaient le parcours de la Victoire en décapotable.
J'ai  regrettté çui jour de pas avoir un bon fusil à lunette plutôt qu'un Instamatic!
C'est égal!
J'ai aussi de belles photos du De Gaulle et du Couve!

Post-tapouillum
À la réflexion, çà devait être 1969 ou 1968.
Après, j'étais quand même moins con!


Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés