Voilà bien un mot ambigü, "reconnaissance"!
Exemple, quand je suis né, mon père m'a reconnu.
Ensuite, pendant cinq décennies bien pilées, il m'a pas reconnu du tout!
Reconnaître, a priori, c'est connaître de nouveau; mais comment peut-on reconnaître quand on n'a pas connu?
Voici le mysterium fidei!
Notez que si je le voyais çui jour, mon papa, j'aurais peine à le reconnaître, vu que je l'ai pas vu depuis seize ans.
Personnellement causant, j'ai eu cinq enfants que j'ai pas eu à reconnaître puisque je les souhaitais!
J'en conclus fort logiquement que reconnaître coïncide avec méconnaître!
En conclusion, pour pas vous abrutir, reconnaître, c'est annihiler, nier, estbourbillonner!
Il semble, d'après les cultivés, qu'on a tous besoin de reconnaissance.
Est-ce à dire que jusqu'ici, personne ne nous a connu?
La reconnaissance, si j'en crois mes précis et mes traités, conforte, gratifie, grandit, responsabilise.
Moi, je veux bien, mais la connaissance suffit-elle pas?
Sur le plan diplomatique, ma vicomté ne reconnaît pas certains États; en particulier, de ceux qui ont vidé les autochtones de chez eux, pour s'y établir.
En gros, ça se joue entre Mississipi et Jourdain!
Moi-même, je ne reconnais pas la soupe au potiron, les courgettes et les choux de Bruxelles!
M'en présenter revient à la dépêche d'Elms!
Reconnaître un quidam dans la rue, ça vaut pas quand même, d'être reconnu comme un grand artiste ou un Grand Palais!
C'est vraiment un mot tordu, ce "reconnaître"!
Il permet toutes les attitudes; de celui, qui reconnaît sans connaître, et de celui, qui reconnaît sans aptitudes!
Je propose qu'on le vire du Larousse et qu'on le remplace.
Il encourage trop de lâchetés et de vilenies.
Allez, si on disait "amour"!