Mercredi 21 janvier 2009

Ma secrétaire vient de me faire parvenir 80 pages imprimées sur beau papier, des articles, disons, des chapitres précédents.
L'impression, je veux dire la sensation, pas la qualité de l'encre, est étrange.
Tout d'un coup, sur papier, tu n'as plus la certitude d'être l'auteur.
En lisant, forcément, tu avises que si!
Je ne pensais pas que le poids du papier fut aussi pesant à partir de vingt pages.
Ma secrétaire, elle est bénévole, c'est une de mes filles.
Elle s'y connait en publication; je lui ai refusé une avance hier soir.
Je trouve que collaborer à une oeuvre d'intérêt est déjà une belle gratification, mais je dois méconnaître les besoins des autres.
Je touche du doigt la joie intime des écrivains quand ils se voient publier pour la première fois.
C'est un début.
Pour l'instant, je corrige les épreuves et c'est donc éprouvant.
Comme j'ai le goût des choses accomplies, fut-ce dans la confidentialité, je verrais bien la prochaine fois un beau velin numéroté de I à X, pour les intimes, de 11 à 100 pour les esthètes et de 101 à 10.000 pour le pilon.
Il n'empêche qu'un éditeur pas trop margoulin et doté du certif ferait bien de tomber raide à ma lecture et de sauter sur son téléphone pour me faire des offres.
Il est grand temps!
Je sais bien que mes sujets sentent la Réaction, voire pire, et que le style en est un peu hâché, mais j'ai bien conscience quand même que ça sort du lot.
Je ne demande pas d'avoir un prix comme n'importe quel Goncourt tropical ou Renaudot haïtien.

Un prix des écoles m'irait très bien.

La récompense de fin d'année des élèves studieux distribuée par la sous-caste enseignante, ce serait rigolo et ferait scandale, tout ce que j'aime.

Car enfin, les politiquements incorrects, c'est quand même pas la bande à Bonnot de Polope 1, qui sue le conformisme et la haine ordinaire des planqués sans verve.

Les bourgeois stipendiés des férules invisibles mais bien réelles, leur temps va finir.

Ils vont se retrouver tout cons, se retrouver donc!

Car l'avenir m'appartient, messieurs-dames.

Quand le peuple, il en pourra plus de l'étouffoir où il est invité à s'enfumer quotidiennement, il se tournera vers les cimes, et naturellement j'y serai.
Maintenant, y a plus qu'à le faire savoir!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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