Dimanche 3 mai 2009

En effet, cela fait un moment que je ne suis pas rentré dans mon domaine.
Je n'y trouve pas trop de poussière ni de toiles arachnoïdes, tant mieux!
Je tenais à réconforter mon maigre lectorat et à désappointer de possibles adversaires.
Figurez-vous que j'ai fait une incursion dans le monde du "net" pas net, savoir que je me livre depuis quelque temps à l'exercice difficile du commentaire des programmes télévisuels.
Il n'y a pas grand chose à en dire, que je vous entend soupirer!
Et vous avez raison.
Le laminage et le formatage étant la devise de l'état totalitaire sournois et vicelard que nous avons l'heur de respirer depuis des lustres et  des cadrans, le résulat est patent pour le moindre cantonnier en possession du "certif".
Le niveau intellectuel est celui de la douzième de mon enfance; quant au niveau moral, c'est simple, cela n'évoque plus rien.
L'immense majorité de mes frères en commentaires se contente de réciter leur bréviaire anti-raciste, leur phobie de l'homophobie et convulsionne à la moindre allusion un peu rigolote sur les ceci, les cela et les çuy-ça.
Ils pensent avoir atteint la cime d'une pensée personnelle et originale, mûrie dans la réflexion, la lecture et la méditation.
Esclaves, dès le biberon en phtalates, en somme.
Mais il n'y avait pas de déception envisageable dans ce registre.
Je sentais bien que mon aventure était autrement périlleuse que le franchissement du Congo ou la conquête de l'Atlas.
Mais une randonnée, même épistolaire, en vaut bien une autre et peut ménager des surprises.
Derrière le fatras brocanteur des messages agglutinés, il y a des individualités, et toutes ne sont pas à négliger.
Car à l'époque de la communication, on n'a jamais eu autant de difficultés à se faire comprendre.
Je me suis fait des amis.
Du moins, je souhaite.
Pourtant, je ne tergiverse pas, je bolide dans les carrefours et j'ignore les clignotants verrouilleux qui régissent la "liberté d'expression".
On dirait qu'une voix nouvelle, sacrilège, impétueuse et filoute les réveille, les désankylose.
C'est un peu présomptueux, me direz-vous, mais la parole est toujours une conquête pour qui sait la manier.
Oui, je me suis fait des camarades; je ne m'y attendais pas, ce n'était pas l'objectif.
Simplement, des complicités méfiantes ont vu le jour et puis, au final, des complicités tout court.
Ils ont compris que je ne cherchais pas à convertir quiconque en tous domaines, mais que j'avais aussi la faculté de m'émouvoir, violemment, comme il sied.
Par contre, je me rend bien compte à la relecture de ce pensum que j'ai perdu en agilité dans l'écriture.
Je me remets aux gammes!

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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