Je ne pense pas que cela dure.
Je vous parle de mon expérience qui consiste depuis des mois à "commenter" les programmes lucarniques, jour après jour, que le sujet (film, téléfilm, reportages, variétés) m'intéresse ou non.
Pour tout dire, pratiquement, rien ne mérite que l'on se mette sur son fauteuil devant cet écran menteur, salisseur et pervers.
Mais, je m'y astreins car j'ai décidé de mener cette chimie au fin fond de l'éprouvette.
C'est donc très éprouvant si on est un tant soit peu pas trop mollusque corallien.
Je lance assez souvent ma petite sonde en disant très sincèrement tout ce que je pense et, en fonction du passé, des réflexions réfractaires et biscornues pour susciter l'émotion, la réplique, l'intérêt.
Bien entendu, je fais avec mes moyens et je ne suis pas Rochefort ni Daudet (Léon, hein!).
Petit à petit, j'en suis venu comme c'est naturel dans toute conversation, à m'impliquer davantage chaque jour et à laisser des traces de tout ce que j'ai vécu, de ceux que j'ai rencontré, des
évènements auxquels j'ai assisté où pour itou lesquels j'ai pris des risques.
Pas pour faire l'intéressant, non! Je suis trop timide depuis trop longtemps. Mais pour avoir matière à commenter, justement! Sur des sujets que je connais bien.
Les réactions de mes collègues en "commentaires" vont de la haine bétonnière à l'amusement agacé en passant par le malentendu et l'incompréhension.
C'est ça, notre époque damnée! L'incomprenette obtuse et obsessionnelle, obsidionale.
Dans cette nouvelle entreprise, j'ai décidé, comme toujours, de dire la vérité et de ne pas feindre l'esquive.
Il y a des adeptes du triple langage, avec changements de pseudo, mais on les dépiste facilement à cause de leurs tics d'expression.
L'expression, justement, est très pauvrette et on ne me fera pas croire qu'il n'y a que les recalés du certif qui s'adonnent à ce loisir. Pour plusieurs, probablement un ersatz de psychothérapie
et c'est possible que communiquer à visage masqué avec des étrangers facilite l'aveu d'un tempérament.
Sauf que sur le divan du psychanalyste veillent l'oeil, l'oreille et l'âme bienveillants mais neutres du thérapeute.
Tandis qu'ici, la bénévolence est rare et c'est frappant de voir tant de gens divers se répandre en malédictions, en anathèmes piqués à leurs abécédaires formatés,.
On leur a tellement menti depuis si longtemps qu'ils ne croient plus en rien mais, atrocement, répercutent les mêmes mensonges que leurs "élites".
Et tout ça tourne en rond, de rots en pets, sans même l'énergie des gaz pour développer une réplique sensée à cette étouffoir qu'est la télé.
Du point de vision strictement médical et ethnologique qui est le mien, cette société est totalement désespérée et foutue; c'est d'ailleurs bien ce qu'elle mérite, et je m'étonne que tout cela
tienne encore debout, comme un grand cadavre escarreux que les vers seuls feraient avancer.
Je ne regrette pas cette plongée dans cet univers ou errent tant de frères humains à l'abandon d'autant qu'il y a deux-trois personnalités que j'aimerais rencontrer au clair jour, attachantes comme certains de mes malades.
Cela ne se fera pas, bien sûr. Mais restera cet inassouvissement que procure une fresque déjà bien détériorée.