Mercredi 11 novembre 2009

Le Président de la République
    VINCENT AURIOL, Président de la République; très sensible à l'envoi que vous lui avez fait de votre ouvrage NOUS N'IRONS PLUS AU BOIS, vous en remercie et serait heureux de vous voir, lors d'un de vos prochains passages à Paris.
2 décembre 1948.
  Réponse
Monsieur le Président, je vous remercie de m'avoir accusé réception de mon livre NOUS N'IRONS PLUS AU BOIS. Je vous avoue que j'ai été extrêmement surpris de recevoir votre carte et que vous m'y disiez que vous seriez heureux de me voir "lors d'un de mes prochains passages à Paris". Toute ma vie, je regretterai que vous ayez refusé de me recevoir, à la veille de l'éxécution de Bassompierre. C'est la raison principale pour laquelle il n'y a pas pour moi de prochain passage à Paris. Vous m'excuserez donc, Monsieur le Président, de ne pas défèrer à votre désir. Ce qui est fait, est fait.
       Monsieur le Président, je crois en Dieu. Je le supplie de protéger la France et de vous bénir.
             R.L Bruckberger 
                  
J'ai reproduit, ce 11 novembre, un texte original que j'ai en archives et qui est un échange entre Vincent Auriol , Président, et le Révérend Père Bruckberger, ancien résistant, un vrai, et qui était devenu l'ami du Chef de la Milice, Jean Bassompierre, fusillé le 20 avril 1948.
On fusillait encore en 48.
On fusillera encore en 62.
En effet, un comité prestigieux venant de se constituer pour la défense du Maréchal Pétain, le président Vincent Auriol avait réagi à ce crime de "lèse-République" en refusant d'épargner la vie d'un des chefs de la Milice qui, après la mutinerie survenue le 14 juillet 1944 à la prison de la Santé, avait réussi, lui, à sauver celle de 372 détenus sur les quatre cents dont les Allemands exigeaient qu'ils fussent fusillés sur le champ.
Fait prisonnier par les Soviétiques au cours des combats de Poméranie, Bassompierre avait pu, en 1945, gagner la France puis l'Italie, où, dans sa générosité, il avait offert son billet de passage pour l'Amérique du Sud à son camarade de la Milice et de la Charlemagne Jean de Vaugelas, parce que celui-ci, père de famille, devait plus que lui être protégé.
Maman, étant indigne nationale, et ayant au péril de sa vie, caché Bassompierre pendant des mois, celui-ci a correspondu avec elle, de sa cellule de Fresnes toute l'année 1947.
L'écriture est belle, à la plume, avec le cachet  PRISON DE FRESNES-CENSURE, et son courrier adressé à différentes demoiselles qui ne faisaient qu'une, savoir Maman.
Une de ses "couvertures"était Mademoiselle Guillaume 11, rue Leconte de Lisle Paris 16 ème.
J'ai tous ces documents originaux dans mon bureau.
Au hasard des dates, je sortirai des papiers un peu exemplaires et qui témoigneront de deux choses.
1°) Il y avait des résistants courageux pour défendre des partisans de l'alliance avec le Reich.
Impensable, ces temps-ci!
 2°) A tout hasard, pour démythifier la chaîne la plus mensongère, la plus déformante et la plus imposturante sous couvert d'objectivité: ARTE, que même les Soviets auraient pas rêvée.
                        11 NOVEMBRE 2009
          HONNEUR AUX BRAVES DES DEUX CAMPS          

B
isous, Maman!

Je passe au cimetière dès que possible.

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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