Dimanche 25 octobre 2009

Pensions-nous réellement nous emparer du pouvoir, dans les années 1970-71?
Probablement oui! Sinon, aucun d'entre nous n'aurait déployé autant d'énergie, dépensé autant de fifrelins, saboté autant de nuits, s'il n'y avait eu cette espérance en chacun.
Et nous avions des preuves à faire. Je ne dis pas, égaler nos aînés, cela semblait bien difficile, mais au moins, faire aussi bien qu'eux et, qui sait? Si les conjonctions étaient favorables!
Et puis, au fil des mois, nous avions acquis des appuis célèbres, bien que discrets.
Les noms sont connus.
C'est le travail des historiens. Moi, je fais dans le mémorialisme approximatif, mais dans l'ensemble, personne ne pourra me prendre en défaut.
Je restitue sans recherches, sans archives, bien qu'elles ne me fassent pas défaut, elles non plus.
J'ai vu qu'un ancien responsable d' Ordre Nouveau avait publié un bouquin sur le Mouvement, l'année dernière.

Je ne le lirai pas, car, d'une part, je l'ai bien connu et, d'autre part, j'ai toujours pensé qu'il s'agissait d'un argousin.

Pour finir avec lui, je me souviens très bien avoir été missionné par le Chef pour aller lui demander des explications, en compagnie de Poupou (voir articles précédents) et de deux ou trois autres camarades, concernant certains détournements de fonds et de fichiers.

Bon. Bref! Un type louche, typique de toutes les mouvances un peu révolutionnaires.

Croyions-nous sincèrement arriver au Trône? Evidemment, oui.

Quand le Mouvement faisait 1,2% aux Municipales ou aux Législatives, on se voyait déjà marcher sur Rome ou cramer le Reichstag.
Cela faisait quand même dans les trois mille électeurs, alors que mon fichier n'en contenait qu'une centaine pour mon secteur.

On avait donc une marge, des sympathisants discrets, pour ne pas dire planqués.

Mais avant d'en arriver là, il fallait tracter, coller, cogner, organiser des réunions, des métingues, récolter les cotises, faire chauffer la Gestettner , prendre appui sur la moindre saloperie gaulliste pour faire de l'agit-prop.
Si on n'y avait pas cru, sur fond de nuits blanches et de repas monastiques, jamais le Front National n'aurait vu le jour.
Ceci dit, vu ce qu'est devenu ce cloaque lepéniste marinien, y a pas lieu d'être fier.
Mais, on pouvait pas deviner que les bourges allaient saloper notre idéal national-révolutionnaire.

Il aurait fallu une Nuit des Longs Couteaux, mais c'était plus la mode.

Bon! Je m'égare un peu. Cela va finir en promenade foireuse du dimanche, à ce rythme.
Il faut quand même que je justifie le titre, un tant soit peu.
Les collages!
Nous étions les maîtres de l'affichage sauvage. La nuit, bien sûr!
Le jour, t'avais toute la flicaille pompidolienne et les touristes trotzkystes à gérer et ça gâchait un peu la productivité.
Sur Paris et Région, nous étions dans les trois-cents militants purs et durs à qui on pouvait tout demander.
Pour les collages nocturnes, le chiffre était considérablement réduit car beaucoup éprouvaient la nécessité de dormir.
Bonjour la Révolution!
Mais à trente-quarante, on arrivait néanmoins à couvrir toute la Capitale et ses banlieues en une seule nuit.
Quand les habitants se réveillaient le lendemain et voyaient cette pléthore propagandique, ils croyaient avoir changé de Régime.
Non, hélas!
Nous étions simplement passés en chantant.

Post-tapum:

Faites-moi penser à rédiger un autre article sur la décoration illicite. Car, même à notre époque, je pense que c'est une des clefs de la réussite.

 

Par VICOMTE DE LINIERES - Publié dans : Souvenirs
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